François Macerola ne revient pas à la tête de la SODEC

Le président et chef de la direction de la SODEC laissera son poste le 29 novembre.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le président et chef de la direction de la SODEC laissera son poste le 29 novembre.

Grand départ qui changera la donne dans l’arène culturelle : le président et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), François Macerola, laissera son poste le 29 novembre prochain. Il espérait un renouvellement de son contrat. En vain. François Macerola était entré en fonction il y a quatre ans, le 5 novembre 2009, sous le règne des libéraux. La SODEC relève du ministère de la Culture. « Il a informé tous les employés par mémo ce [vendredi] matin, précise Isabelle Melançon, directrice générale des communications à la SODEC. Depuis que la nouvelle est sortie, on a reçu énormément de marques d’estime pour son travail accompli au cours des quatre dernières années. »

 

L’ambiance, paraît-il, n’était pas à la fête. L’homme et l’administrateur étaient appréciés.

 

On attend à la fin d’octobre les conclusions du rapport sur l’état du cinéma québécois, qu’il avait mis en chantier.

 

Marc-André de Blois, l’attaché de presse de Maka Kotto, ministre de la Culture et des Communications, a déclaré vendredi au Devoir qu’« il est normal qu’un président-directeur général à la tête d’une telle société ne fasse qu’un mandat » et que « le changement permet d’apporter de nouvelles visions ». À l’heure où l’industrie est en plein questionnement, il ne leur est pas apparu nécessaire de conserver l’actuel président en place pour assurer une certaine continuité. On ignore quels candidats sont pressentis. « Il y aura un comité de sélection, comme d’habitude », répond Marc-André de Blois.

 

Dans les coulisses, on entend dire que, si le Parti québécois déclenche des élections, il pourrait auparavant vouloir nommer la personne à la tête d’un poste aussi convoité.

 

Rappelons que la mission de la SODEC est de promouvoir et de développer les organismes liés à la culture : cinéma, télévision, littérature, arts visuels, musique, patrimoine. François Macerola avait impressionné par sa compétence et sa grande connaissance de ses dossiers, ce que reconnaît d’ailleurs le ministère de la Culture.

 

Il laisse la société en bon état, ayant redressé sa position financière, résorbé son déficit cumulé, créé le fonds Capital Culture Québec de 100 millions de dollars. Ce président avait contribué à décloisonner les différents secteurs de la SODEC. Sous l’administration précédente, la réputation de l’organisme avait été écorchée par des allégations de dépenses somptuaires, notamment au cours du Festival de Cannes. Après son coup de barre, la SODEC avait repris son lustre. François Macerola est un homme public qui a pris la parole sur diverses tribunes et faisait connaître la mission de son organisme, tout en écoutant les voix des joueurs indépendants autant que celles du milieu des affaires.

 

Avocat de formation, vieux routier du milieu du cinéma en particulier, il a dirigé l’Office national du film au cours des années 1980, avant de prendre la tête de Malofilm Distribution. De 1995 à 2002, il dirigea Téléfilm Canada, avant d’occuper un poste de vice-président au Cirque du Soleil. S’il prit des décisions controversées à Téléfilm Canada, comme de mettre en place les enveloppes à la performance qui favorisent les producteurs de films à succès, et s’il fut égratigné au cours de l’affaire Cinar, son mandat à la SODEC se solde vraiment par un bilan positif.


Avec Louise-Maude Rioux Soucy

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