Portes ouvertes sur l’art rue Saint-Denis

Inspiré par ses portes d’anciennes civilisations, Jean Pronovost a créé une toile à l’airbrush et au pinceau.
Photo: François Pesant - Le Devoir Inspiré par ses portes d’anciennes civilisations, Jean Pronovost a créé une toile à l’airbrush et au pinceau.

Qu’est-ce qu’une porte vous inspire ? C’est la question que l’artiste-peintre Nina DiVita a posée à sept artistes en art visuel, en fin de semaine, lors de l’événement Saint-Denis Portes ouvertes à Montréal. Pendant deux jours, les artistes ont laissé libre cours à leur imagination pour créer des oeuvres uniques parfois surprenantes.

 

Le sculpteur Jean Martin a notamment fabriqué une chaise de jardin avec une porte, la photographe Mariève Pelletier a ouvert la porte de son laboratoire en faisant découvrir des techniques anciennes tandis que le spécialiste en décoration Jean Pronovost s’est inspiré des portes d’anciennes civilisations pour créer une toile à l’airbrush et au pinceau.

 

« L’idée est qu’à partir d’une thématique, les artistes doivent démontrer toute leur capacité à créer et à aller au-delà de ce qu’ils sont habitués de faire », explique Nina DiVita, l’organisatrice de l’événement qui se veut en fait un circuit d’art.

 

En juin, les artistes invités avaient d’abord exposé leurs oeuvres dans un bistro de la Grande-Allée à Québec. En fin de semaine, ils ont été appelés à créer, chacun sous leur petit chapiteau, sur la rue Saint-Denis à Montréal. Et puis la semaine prochaine, ils iront exposer leurs nouvelles créations au lac Brome et dans le village de Knowlton en Estrie.

 

« Cette expérience me sort de mon canevas habituel », note Monique Carrier alors qu’elle a les deux mains dans la peinture, dimanche après-midi, au coin des rues Duluth et Saint-Denis. « C’est rare pour moi de travailler dehors, d’avoir un thème imposé alors que je fais plutôt de l’art abstrait. Mais le défi était intéressant de trouver un lien à faire avec une porte », poursuit-elle en montrant la caisse recyclée, fabriquée à partir de planches de grange, qu’elle a décorée.

 

En face d’elle, l’artiste multidisciplinaire Jean Pronovost est en train de terminer sa toile qui lui rappelle son voyage au Mexique. « J’ai visité de nombreux temples mayas lorsque j’étais là-bas. J’étais fasciné par leurs portes, leur structure, leur design, et c’est ce que j’ai voulu représenter dans mon oeuvre », raconte le jeune artiste qui en profite pour dire que l’art donne espoir surtout dans « nos villes de béton. »

 

Une rue plus loin, au coin Roy et Saint-Denis, Kévin Pindivic démontre une patience exemplaire pour compléter ce qu’il appelle son support de rêves en trois dimensions. « Je me suis inspiré du monde de l’enfance pour créer mon projet. Lorsqu’on est petit, franchir une porte est comme un passage vers un autre monde et c’est ce que j’ai voulu représenter », explique-t-il en accrochant les derniers bouts de laine à son mobile géant qui bat au vent. « J’ai utilisé comme matériau ce qu’on peut trouver dans les poches d’un enfant, des bouts de bois, des cocottes ou des bouts de tissu pour créer cette oeuvre », ajoute-t-il.

 

Devant cette variété d’oeuvres artistiques, Nina DiVita se réjouit de voir ce que le simple mot « porte » peut donner comme résultat. « Cet événement démontre à quel point un véritable artiste peut créer, récupérer et se servir de la matière pour la transformer », dit-elle en affirmant qu’elle songe déjà à répéter l’expérience l’an prochain.