Montréal complètement cirque - L’homme-cirque: le rêve au bout du fil

David Dimitri posera son petit chapiteau sur les terrains de la Tohu dès mercredi pour une rencontre intimiste sous les étoiles.
Photo: Raoul Gilibert David Dimitri posera son petit chapiteau sur les terrains de la Tohu dès mercredi pour une rencontre intimiste sous les étoiles.

Tombé dans la potion quand il était petit, David Dimitri a le cirque tatoué sur le coeur. Lancé sur la piste à neuf ans aux côtés de son père, le célèbre clown suisse Dimitri, il a grandi dans le tourbillon des tournées, fait l’école sous le chapiteau et partagé sa croûte avec Marcel Marceau. Une enfance de rêve, qu’il a décidé de recréer dans L’homme-cirque, spectacle solo où le funambule endosse tous les rôles pour nous emporter jusqu’au bout de ses rêves. Très haut dans le ciel.


Figure très connue en Suisse, où son père est devenu une légende nationale, David Dimitri posera son petit chapiteau sur les terrains de la Tohu dès mercredi pour une rencontre intimiste sous les étoiles. Après avoir roulé sa bosse pendant 20 ans dans divers cirques, l’artiste décidait en 2001 de mener sa barque seul, devenant l’homme-orchestre d’une microentreprise évoluant en totale autarcie. Une entreprise dont il est à la fois le maître et le fidèle valet. L’homme-cirque était né.


Seul avec son ombre, Dimitri est à la fois chauffeur de camion, monteur de chapiteaux, éclairagiste, gréeur, musicien et, bien sûr, acrobate.


Dans la bulle de rêve qu’il s’est forgée, le chapiteau est son salon, et son fil de fer, sa maison dans les arbres.

 

Du rêve aux étoiles


Formé à l’École nationale de cirque de Budapest, l’homme est devenu un fil-de-fériste aguerri, un acrobate polyforme, qui a ensuite parfait sa formation en danse à la Juilliard School de New York. Après des années de cavale avec le Cirque Knie et le Big Apple Circus, l’artiste a posé ses valises à Manhattan pendant 12 ans, où il a collaboré à plusieurs films, à des productions sur Broadway et au Metropolitan Opera.


« Après avoir tourné pendant 20 ans avec le Cirque Knie et d’autres troupes [dont le Cirque du Soleil, en 1992], j’ai senti que ça ne me suffisait plus. Je voulais faire un spectacle personnel, repenser les disciplines du cirque traditionnel. En fait, ce spectacle sans histoire, c’est non seulement la réalisation d’un rêve personnel, c’est une façon de dire qu’on peut toujours réaliser nos rêves et aller plus loin », explique David Dimitri, dans un français saccadé.


Or, pour cet homme-cirque, aller plus loin, ça veut dire pirouetter sur un câble avec un accordéon, se transformer en homme canon, en écuyer imaginaire, sauter à la bascule… sans partenaire. Et surtout, monter vers les nuages.


« J’ai appris la bascule avec les éléphants du Cirque Knie. Cinq tonnes de chair qui courent vers vous, ça vous donne une force de propulsion incroyable. C’était très dangereux, mais j’avais 25 ans ! Quand je marche sur le fil de fer, je prends encore de grands risques, mais ils sont calculés », dit ce pierrot lunaire, qui rêve de trouver son étoile, toujours plus haut.


Car en plus de tourner seul avec L’homme-cirque, l’acrobate s’est forgé une réputation de cascadeur du ciel. Il réalise régulièrement des « traversées » spectaculaires sur fil de fer. Seul, avec le vent pour complice. « J’aime bien être dans ma bulle », dit-il. Et cette bulle, il la trouve parfois à 300pieds du sol, entre ciel et terre. Il a ainsi traversé en 2005 le stade de Francfort, un parcours de plusieurs centaines de mètres, à plus de 100pieds du sol, et parcouru plus de 350 mètres sur un câble tendu au-dessus de la place de Saint-Gallen, en Suisse (à voir sur YouTube).


Le fil-de-fériste ne perçoit pas pour autant son art comme une discipline spectaculaire. « Pour moi, ce n’est pas un stunt, c’est une action purement poétique. C’est une allégorie, car tout le monde est à la recherche de l’ultime équilibre », dit-il.


Sous le petit chapiteau de 200places où il invitera le public à partager sa passion, il a aménagé une porte de sortie toute spéciale. Un trou percé très haut dans la toile, qui lui permettra de filer… jusqu’au ciel.

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