Balade au pays de Schubert

Voyage d’hiver, entre théâtre, cirque et poésie
Photo: Isabel Rancier Voyage d’hiver, entre théâtre, cirque et poésie

Entre théâtre, cirque et poésie, la toute nouvelle troupe québécoise Nord Nord Est va vagabonder au pays du Schubert dans Voyage d’hiver,pièce impressionniste qui laisse place à l’opéra et au simple plaisir des yeux.


La toute jeune compagnie, qui a fait ses premiers pas sur la scène du Monument-National l’an dernier, auprès d’un public restreint, connaîtra son réel baptême ce lundi sur la scène de l’Espace Go.


Proche de la performance et du théâtre, cette première création pour cinq acrobates, une cantatrice et une comédienne se présente sous la forme de 24 tableaux portés par la poésie, la musique et des jeux d’éclairage constants.


Imaginé par deux artistes issus de la distribution de Rain du Cirque Éloize, Benoit Landry et Anna Ward, ce voyage contemplatif se déroule sans histoire, malgré les références claires à l’amour et à la solitude qui transpirent des lieder de Schubert.


« On s’est inspirés du Winterreise de Schubert, où le compositeur s’est identifié au poète qui fuyait celle qu’il aimait. Nous sommes partis de cet état, de ce besoin de se retrouver soi-même, comme un rituel. C’est une chose de plus en plus difficile dans notre époque où tout doit être rapide et utilitaire », explique Benoit Landry.


Dans un cube formé par des drapés, les artistes s’exécuteront sans appareils de cirque, avec pour seuls accessoires des objets de la vie quotidienne. Des extraits de poésie mis en musique ponctuent les différents tableaux de cette fresque schubertienne.


« On voulait utiliser les capacités des artistes sans se retrouver dans une logique de numéros et d’appareils de cirque. Quand leurs corps s’étirent, se contorsionnent ou entrent en interaction, c’est toujours avec des objets communs comme une corde ou une porte. Ces objets servent d’ailleurs toujours à autre chose que ce pour quoi ils ont été conçus », précise le metteur en scène.


Dans ce lieu étrange où rôde la solitude, des personnages fantomatiques errent parmi les bouilloires qui sifflent, une cuve à lessive et une bête empaillée. Les auteurs ont balayé toute référence claire au monde du cirque, pour présenter des prestations à nu, dans une atmosphère qui laisse percer le mystère. « Nous avons tenté de retrouver cette part de mystère qui échappe à notre époque cérébrale, dominée par la science. »

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