Zone Homa : d’audace et d’hétérogénéité

Les comédiens Sylvie Léonard et Éric Bernier sont les porte-parole de la manifestation culturelle Zone Homa.
Photo: François Pesant Le Devoir Les comédiens Sylvie Léonard et Éric Bernier sont les porte-parole de la manifestation culturelle Zone Homa.

Du 16 juillet au 24 août, la maison de la culture Maisonneuve sera prise d’assaut par une kyrielle de chanteurs, danseurs, acteurs et dramaturges en devenir. L’invasion a pour nom Zone Homa, une grande manifestation culturelle qui en est à sa 5e édition. En musique, en danse, en lectures publiques et en théâtre donc, on promet un art innovant et, surtout, imprévisible. Porte-parole cette année avec sa collègue Sylvie Léonard, le comédien Éric Bernier n’a de cesse de louer l’inventivité de la génération montante de créateurs.

Désormais bien enraciné dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve (Homa) qu’il contribue à faire rayonner, Zone Homa présentera 48créations, toutes inédites. Un habitué de la fête étalée sur 33 jours, Éric Bernier n’est pas peu enthousiaste de défendre les couleurs bariolées de ce grand happening estival.


« Souvent, les créateurs travaillent dans leur coin et ils n’ont pas vraiment l’occasion de tester leur matériel, souligne-t-il. C’est d’autant plus vrai pour les créateurs débutants, qui n’ont pas encore leurs entrées auprès des institutions établies. Zone Homa leur offre pour un soir une scène, des équipements et des techniciens professionnels afin, soit d’expérimenter avec un work-in-progress, soit de présenter une oeuvre plus achevée ». Il en résulte une effervescence créatrice singulière qui se traduit, d’une édition à l’autre, par un éventail hétéroclite de spectacles dont chacun se signale par une griffe, fût-elle naissante ou d’ores et déjà affirmée.


Une génération pleine d’initiative


La cuvée 2013 promet d’être de la même eau bouillonnante. En cela, Zone Homa représente une sorte de fontaine des arts à laquelle Éric Bernier s’abreuvera volontiers. « C’est certain que, durant cette période-là, je risque de passer le plus clair de mon temps à voir des shows. Je la trouve tellement inspirante, cette génération-là. Après le printemps érable, elle continue de prouver que, non seulement elle a quelque chose à dire, mais qu’elle entend le dire qu’on lui en donne ou non la permission. Je les trouve admirables aussi pour ça, cette espèce d’autosuffisance. Ils créent leurs trucs, conçoivent leurs affiches eux-mêmes, font leur propre promo sur les réseaux sociaux, et ça fonctionne ! Les générations précédentes, y compris la mienne, étaient plutôt du genre à attendre qu’un agent nous appelle », dit en rigolant Éric Bernier, qui estime que Zone Homa rend compte de cette sensibilité-là, à savoir un esprit d’autonomie mâtiné d’urgence et d’audace.


Pas étonnant, pour le compte, puisque la directrice générale et artistique, Mellissa Larivière, a fondé Zone Homa en 2009 alors qu’elle était elle-même étudiante à l’École nationale de théâtre. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, comme dirait l’autre.


Inconnus lors de leur passage sur la scène de la maison de la culture Maisonneuve, il arrive fréquemment que les participants le soient un peu moins en partant. De fait, agents et théâtres institutionnels surveillent de près ce laboratoire qui a servi de rampe de lancement aux Soeurs Boulay de même qu’à Projet Bocal, une pièce lancée à Zone Homa et reprise ensuite à La Licorne.

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