Un loup pour l’homme à Montréal complètement cirque: combats de durs au cœur tendre

Photo: © Milan Szypura

Anti-super héros, les quatre gars de la troupe Un loup de l’homme revisitent la discipline du main à main dans Face Nord, là où les muscles et la sueur cohabitent avec l’émotion.

D’abord porteurs et voltigeurs, les quatre acrobates de cette jeune troupe française ont pris le parti de la spontanéité et de l’expérimentation. Formé dans une discipline qui ne laisse d’habitude aucune place à l’erreur, le quatuor a choisi de se mettre au défi en testant leurs limites physiques et émotives.

« Dans le cirque traditionnel, notre discipline n’exploite pas les émotions. Les porteurs et les voltigeurs sont présentés comme des athlètes sans faille. On a créé Face Nord pour sortir des conventions et faire jaillir l’âme derrière les muscles », explique Frédéric Arsenault, un Québécois basé en France, qui a fondé Un loup pour l’homme avec trois autres collègues.

Leur première création, Face Nord, déjà jouée 100 fois en France, est une allégorie du travail de cordée propre aux alpinistes. « La face nord d’une montagne est souvent la plus difficile, celle qui oblige à rebrousser chemin et à trouver d’autres voies », ajoute l’acrobate.

Ses nouvelles voies, les quatre gars tenteront de les trouver au centre d’un tatami de 7 mètres par 7, entouré du public invité à la Gare Dalhousie pour ce combat qui n’en sera pas un.

Avec les porteurs costauds Alexandre Fray et Mika Lafforgue, Frédéric Arsenault et son comparse Sergi Parès tentent de réinventer le main à main à quatre, s’inspirant même de l’architecture pour former des colonnes et des arcs-boutants. Évitant les techniques et figures traditionnelles, le spectacle se moque des combats de gladiateurs, et emprunte plutôt la voie du jeu et de la coopération pour faire émerger, sous les muscles, la vulnérabilité des artistes. L’improvisation et l’imprévu font partie du jeu, dans ce cirque sans artifices. « C’est très physique et drôlement exigeant. On grimpe chaque fois notre montagne intérieure ! »

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