À parents accompagnateurs, enfants lecteurs

La part des enfants se faisant lire des histoires augmente avec l’intérêt de la mère pour la lecture, avance l'étude.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La part des enfants se faisant lire des histoires augmente avec l’intérêt de la mère pour la lecture, avance l'étude.

Si les Québécois - surtout les hommes - sont réputés pour être cancres en matière de lecture, ils semblent vouloir se racheter avec leurs enfants. Sept petits québécois sur dix se font lire des histoires régulièrement, entre l’âge de deux et six ans. Un éveil crucial pour les habitudes de lecture futures.


« La proportion de parents qui font de l’accompagnement à la lecture est remarquable par sa constance dans le temps », peut-on lire dans le dernier bulletin Optique culture de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec intitulé Le développement des pratiques culturelles chez les enfants. Les données viennent surtout illustrer et confirmer le rôle fondamental que joue l’accompagnement parental dans la formation des intérêts culturels, sociaux et sportifs des enfants. Et notamment en matière de lecture.


« Le livre est un objet familier pour la majorité des familles québécoises », note l’auteur Gilles Pronovost, professeur émérite de l’Université de Trois-Rivières. Plus de la moitié d’entre elles comptent plus d’une quarantaine de livres pour enfants, dès que ceux-ci atteignent l’âge de cinq ans. Entre 4 et 10 ans, une majorité de bambins lisent (ou essayent de le faire) quelque fois par semaine, voire tous les jours.


« C’est à 5 ans que la pratique consistant à “feuilleter des livres ou lire de sa propre initiative” présente le taux le plus élevé (87 % des enfants), et c’est à 8 ans que la pratique “lire par plaisir” est la plus répandue (77 % des enfants). »


Le rapport formule l’hypothèse que les données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ) tendent même à sous-estimer le taux de lecture en axant la question sur les livres plutôt qu’en élargissant à la lecture de revues, de bédés.


Maman lit, donc je lis


« Au plan des habitudes de lecture, la césure la plus fondamentale se fait entre les parents non-lecteurs et les parents lecteurs », concluent les auteurs. La part des enfants se faisant lire des histoires augmente avec l’intérêt de la mère pour la lecture. En moyenne, 80 % de la progéniture de 2 à 6 ans des mamans grandes lectrices (trois heures ou plus) se fait faire la lecture, comparativement à 62 % pour la marmaille des mamans non-lectrices.


Le même phénomène s’observe pour les enfants apprenant à lire, pour ceux qui pratiquent eux-mêmes des activités de lecture et pour ceux qui, à 6 et 8 ans, se mettent à lire par plaisir. Leur taux va croissant plus la mère lit. Si l’écart s’estompe un peu à l’entrée à l’école, il perdure jusqu’à la fin des études secondaires.


L’analyse, qui explore aussi la différenciation sexuelle dans les pratiques culturelles des petits, utilise les données de l’ELDEQ réalisée par l’Institut de la statistique du Québec. La première phase de l’ELDEQ a été lancée dès 1998 auprès d’une cohorte de nourrissons suivis annuellement de l’âge de 5mois à 4 ans. La seconde phase s’est étendue de 2003 à 2010 pour les enfants âgés de 5 à 12 ans. Une troisième phase est en cours depuis 2011.

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L’écranphilie enfantine

La télévision fait partie du quotidien de tous les enfants. Les trois quarts des petits âgés de 4 et 5 ans fréquentent le petit écran une heure ou plus par jour et 1 sur 10 s’y rive plus de trois heures. 

Quant à l’ordinateur, plus de la moitié des bambins de 5 ans l’utilisent presque tous les jours. Une proportion qui passe aux trois quarts à l’âge de 10 ans. L’utilisation des jeux vidéo en semaine est pour sa part qualifiée de « modérée » par les auteurs de l’étude (un enfant de 8 ans sur sept s’y adonne une heure ou plus par jour). Une pratique, donc, plus hebdomadaire que quotidienne - comparativement à la télé - même si elle s’intensifie en fin de semaine (un enfant sur deux).

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