Renouvellement musical aux Violons du Roy

Bernard Labadie
Photo: Source Camirand Bernard Labadie

À l’aube de leurs 30 ans, les Violons du Roy s’engagent dans une profonde transformation. Leur fondateur, Bernard Labadie, quitte la direction musicale de l’ensemble pour embrasser le titre de chef fondateur. Un branle-bas qui, espère le directeur, contribuera à renouveler l’esprit des Violons du Roy pour au moins « un autre 30 ans ».


Alors qu’il entame la cinquantaine avec l’envie de « se mettre en danger »,Bernard Labadie dit vouloir recentrer « toutes ses énergies sur la musique ». Il n’en restera pas moins très proche de l’ensemble qu’il a fondé. Ses nouvelles fonctions, en vigueur à partir de la saison 2014-2015, lui permettront en effet de continuer à diriger des concerts, de même qu’à participer à des tournées.


Le chef, reconnu sur la scène internationale comme un « chef historiquement informé qui sait diriger » - réputation qui lui a valu de nombreuses présences à l’étranger - restera de surcroît à la tête de La Chapelle de Québec, le choeur professionnel qu’il a fondé. C’est d’ailleurs encore lui qui sera à la direction des concerts donnés en tandem par Les Violons et La Chapelle.


Bernard Labadie s’est engagé de surcroît à assurer une transition en douceur, réservant un nombre élevé de semaines de travail aux Violons (à peine un peu moins qu’actuellement) jusqu’en 2016 « de façon à assurer de la stabilité et une présence artistique forte dans le cadre des concerts de la saison régulière et des tournées internationales », a-t-il précisé au Devoir dans un court échange par courriel. Cet esprit de grande collégialité est appelé à perdurer au-delà de la période de transition, espère-t-il. « Il y a une volonté commune de la part des Violons et de la mienne de poursuivre notre collaboration de façon active au-delà de 2016. »


Plus concrètement, l’exercice de renouvellement de la direction musicale des Violons du Roy se fera de concert avec des membres du conseil d’administration, de la direction et de l’orchestre. Un concours sera ouvert prochainement afin de trouver la perle rare qui saura tirer le meilleur de ce nouveau chapitre à écrire dans l’histoire de l’institution québécoise.


Bien qu’il ait assuré la direction des Violons et les musiciens de son entière collaboration dans le processus de réflexion, Bernard Labadie affirme qu’il n’a « aucune intention de téléguider le processus ou de l’influencer de façon significative. [Ce sera] à l’institution de définir ses orientations artistiques à venir ».


La structure alliant directeur artistique et chef fondateur lui paraît toute désignée pour les Violons. « Plusieurs orchestres ont des chefs portant différents titres comme “chef émérite”, “laureate conductor” (chez les anglophones), etc. Le titre de “chef fondateur” semblait approprié en ce qui me concerne, pour des raisons évidentes. Dans certains cas, c’est purement honorifique ; dans d’autres, c’est connecté à un nombre d’engagements prédéterminés. Tout est possible et dépend de la volonté des parties. »


Le conseil d’administration s’est pour sa part rangé derrière Bernard Labadie, voyant dans sa décision « une occasion de renouvellement et d’évolution » à saisir. Par voie de communiqué, son président, Guy Morneau, a par ailleurs « salué le travail accompli » par M. Labadie « mais aussi tous les projets que le chef et l’orchestre sauront développer dans cette nouvelle relation ».

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