Paris - Inauguration des nouveaux locaux de la bibliothèque Gaston-Miron

Selon Jean-François Lisée, la solution choisie va «au-delà de nos espérances».
Photo: Andre Caty Selon Jean-François Lisée, la solution choisie va «au-delà de nos espérances».

Paris — Après avoir frôlé la disparition, la bibliothèque Gaston-Miron (BGM) inaugurait mardi ses nouveaux locaux dans l’Université de la Sorbonne nouvelle à Paris. C’est le ministre des Relations extérieures du Québec, Jean-François Lisée, qui présidait l’événement devant une cinquantaine de personnes, dont l’ancien premier ministre Bernard Landry et l’écrivain québécois Naïm Kattan.


Le déménagement dans une salle spacieuse de l’Université Paris 3 du plus grand fonds documentaire québécois à l’étranger met un terme, pour l’instant du moins, aux débats qui avaient entouré l’avenir de la bibliothèque. Plusieurs intervenants, dont le service culturel de la Délégation du Québec à Paris, avaient plutôt proposé de le relocaliser dans un centre culturel et d’en faire une antenne de Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Paris.


Selon Jean-François Lisée, la solution choisie va « au-delà de nos espérances. Je craignais comme chacun, compte tenu des contraintes d’espace des universités françaises, qu’on nous relègue dans un coin. Au contraire, on arrive dans une grande pièce aérée très bien éclairée avec un espace où l’on peut organiser des événements. […] Le rayonnement de la littérature et des oeuvres québécoises sera beaucoup plus grand avec cette nouvelle installation ».


Déjà quelques rencontres littéraires ont été organisées autour d’auteurs québécois. La moitié des 17 000 oeuvres, surtout littéraires et à caractère culturel, sont en accès libre. Paris III ayant d’abord une vocation culturelle, le fonds de sciences humaines ne sera disponible que sur demande. La consultation et le prêt seront ouverts à tous. Selon la présidente de l’université, Marie-Christine Lemardeley, depuis son déménagement des locaux de la Délégation générale du Québec, la bibliothèque accueille déjà un public plus nombreux et plus diversifié. La présidente dit vouloir « conserver et améliorer la visibilité de ce fonds ».


« Pour nos étudiants, c’est formidable », confirme la directrice du Centre d’études québécoises de l’Université Paris III, Myriam Suchet.


«Une jambe de bois»


Il s’agit plutôt d’« une solution temporaire, une jambe de bois, en attendant un véritable centre culturel québécois à Paris », déplore cependant l’ex-consultant de la firme Secor à Paris, André Coupet, qui avait été mandaté par les services culturels de la Délégation pour élaborer une proposition en ce sens. « Un projet incontournable à partir du moment où nous aurons restauré une situation saine sur le plan budgétaire », avait confirmé de son côté le ministre de la Culture, Maka Kotto, en novembre 2012.


Même si l’entente signée avec Paris III est d’une durée de cinq ans, Jean-François Lisée estime qu’« on est ici dans la durée ». Demeurant propriétaire du fonds, le Québec a couvert les coûts du déménagement des livres ainsi que de leur numérisation (environ 30 000 $). Québec paie aussi une partie du salaire annuel de la bibliothécaire responsable du fonds (11 000 $) ainsi que l’achat de tous les nouveaux livres (10 000 $).

À voir en vidéo