Le Conseil des arts et des lettres du Québec en chantier de réflexion

Stéphan La Roche, nouveau p.-d.g. du CALQ
Photo: François Pesant - Le Devoir Stéphan La Roche, nouveau p.-d.g. du CALQ

Le nouveau patron du Conseil des arts et des lettres du Québec lancera dès l’automne une série de chantiers de réflexion sur les mutations en cours dans le secteur artistique. En poste depuis trois mois, Stéphan La Roche veut faire du « développement » son leitmotiv afin de mieux répondre aux besoins et s’adapter aux changements, autant sociaux qu’esthétiques, qui touchent le milieu.


« Il faut que le CALQ travaille avec les milieux de manière à être prêt lorsque la croissance sera au rendez-vous ; on est à une période charnière, liée à tous les changements qu’on vit - générationnels, numériques, démographiques, etc. C’est une période pas simple à vivre, mais très stimulante, puisque c’est le moment de définir de nouveaux modèles et façons de faire », explique au Devoir le nouveau président-directeur général, qui oeuvrait déjà au CALQ depuis cinq ans - à la direction de la danse et de la musique - avant de prendre le relais d’Yvan Gauthier.


Les quatre chantiers, menés par étapes, porteront chacun sur un enjeu : le renouvellement générationnel, l’interdisciplinarité, la diversité culturelle et le rayonnement international. À terme, le CALQ n’a pas tant l’intention de créer de nouveaux programmes que d’assouplir ceux qui existent pour faire une meilleure place à la relève, aux artistes et aux nouvelles approches artistiques (formes hybrides, inclusion des nouvelles technologies, etc.).


« On a une organisation qui fonctionne bien et qui est appréciée, mais il faut s’assurer qu’elle continue de répondre aux préoccupations et enjeux du milieu des arts et des lettres », dit-il.

 

Non au statu quo


Dans un esprit similaire, le Conseil des arts du Canada annonçait en avril une première tournée de consultation des différentes disciplines artistiques pour l’automne. Dans le cadre de sa révision des programmes de subvention au fonctionnement, l’institution envisage même de rebrasser jusqu’à 20 % des enveloppes des organismes soutenus, dans le contexte de stagnation des budgets culturels.


M. La Roche refuse pour sa part le statu quo et insiste sur la dynamique collaborative qu’il veut insuffler pour l’éviter. « Si on a l’appui des milieux, on va pouvoir faire croître les budgets du conseil et de nos programmes. Le gouvernement actuel a promis des sommes additionnelles [de 13 millions de dollars] ; je suis convaincu que cet engagement, ils ont l’intention de le réaliser dans les prochains mois, les prochaines années », dit-il, tout en reconnaissant que 2013 s’annonce plutôt comme une année de consolidation.


Protégée de l’exercice minceur du dernier budget, l’enveloppe globale du CALQ est restée à peu près intacte à 86,7 millions de dollars. Reste que les demandes de bourses ont explosé et la valeur moyenne des subventions aux organismes a reculé depuis dix ans, selon le Mouvement pour les arts et les lettres.


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Un programme à enrichir

Stéphan La Roche se montre très enthousiaste à l’égard du récent rapport du Groupe de travail sur la philanthropie culturelle. « On se réjouit des recommandations et on espère que le gouvernement saura donner une suite rapide aux propositions », dit le p.-d.g. du CALQ.

Celles-ci tracent notamment un bilan positif du programme Mécénat Placement Culture (MPC) créé par le CALQ pour apparier les sommes récoltées au privé par les organismes culturels. Le rapport suggère de l’améliorer, de le bonifier (de 4 à 10 millions de dollars) et de le pérenniser.

« Une nouvelle option est mise de l’avant permettant l’accès plus rapide aux fonds », explique-t-il. Une recommandation en parfait écho aux critiques du milieu, qui juge le gel des fonds (actuellement 2 ans et 10 ans, selon le fonds) trop long.

Cette approche rejoint les intentions du CALQ d’améliorer ses propres programmes en collaboration avec le milieu artistique, plutôt que d’en créer de nouveaux.

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