Le retour d’Odysséo - Ils dansent avec les chevaux

Décors grandioses, scène plus grande que nature, bêtes athlétiques : Odysséo.
Photo: François Pesant Le Devoir Décors grandioses, scène plus grande que nature, bêtes athlétiques : Odysséo.

Décors grandioses, scène plus grande que nature, bêtes athlétiques : Odysséo, de retour après un an et demi de tournée, revient avec une mécanique plus huilée que jamais, où chevaux et hommes cavalent en symbiose.


Dès sa naissance, à l’automne 2011, le spectacle XXL de Normand Latourelle avait remporté haut la main son pari technique en parvenant à habiller le plus grand chapiteau mobile du monde de projections spectaculaires en 3D, d’une scène surdimensionnée dotée de trois écrans Imax, de buttes de sable et d’un bassin d’eau de 300 000 litres. Le défi logistique d’Odysséo - 67 chevaux, 46 artistes, 150 employés réunis pour donner le plus grand spectacle ambulant qui soit - donne toujours à lui seul le tournis.


Visiblement, la tournée menée au cours de la dernière année à travers les États-Unis a permis de polir et de peaufiner ce monstre scénique. Devenus des stars de la scène, les purs-sangs, domptés comme des automates, répondent au quart de tour au moindre clin d’oeil. Cavaliers et cavalières font désormais littéralement corps avec leurs montures, en totale osmose avec les bêtes. Les acrobates qui bondissent sur leurs échasses en première partie ont l’air de centaures fringants évadés de la mythologie grecque.


Les images de chevauchées à travers les plateaux de Mongolie, les steppes lointaines et les dunes d’Afrique, magnifiées par les projections de l’entreprise montréalaise Géodézik et les éclairages d’Alain Lortie, sont toujours aussi spectaculaires. Tout comme les tableaux de cavaliers surgissant de derrière les collines, comme les premiers conquérants.


C’est dans les prestations acrobatiques que l’on constate les plus grands changements, les artistes prenant une place beaucoup plus importante dans la trame du spectacle qu’auparavant, notamment dans des numéros aériens où hommes et femmes évoquent le mythe de Pégase. Des numéros parfaitement formatés (trop) et léchés au plan visuel, mais un peu froids par rapport à l’énergie contagieuse que dégagent les chevaux au galop et les fantastiques artistes guinéens qui ne font qu’un sur la piste.


Sans artifices, ces acrobates africains, qui bondissent comme des gazelles, chantent et piaffent sur le sol, sont en parfaite fusion avec les équidés, transportés par le même vent de liberté et la même fougue. Ils apportent un surplus de vérité à ce périple à travers les âges où humains et équins ont appris lentement à s’apprivoiser.


La finale spectaculaire des étalons galopant sans bride dans un bassin d’eau marque cette chevauchée fantastique. Dommage que l’ajout d’acrobaties pour créer un crescendo final vienne briser cette dernière image des bêtes libres comme l’air. Les quadrupèdes ne devraient-ils pas avoir le dernier mot sur les bipèdes dans cette ode au cheval ?

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