Les subventions promises pour la numérisation du patrimoine se font toujours attendre

Depuis près de six mois, Québec menace l’existence d’un programme de numérisation du patrimoine culturel pour lequel l’argent promis à plusieurs gardiens de la mémoire archivistique peine toujours à être versé, a appris Le Devoir. Des musées, mais également des bibliothèques universitaires et publiques, sont touchés par cet « oubli » dans le versement de ces subventions annoncé officiellement par lettre en novembre dernier par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), qui gère ce plan de numérisation.

« On ne sait pas ce qui se passe avec cet argent, ni quand il va nous être envoyé, résume une personne responsable de la numérisation dans l’une des organisations touchées. Et pendant ce temps, nous prenons du retard dans nos projets de sauvegarde et de diffusion de notre patrimoine. »


Au total, près de 200 000 $ en subvention attendent d’être honorés dans le cadre de ce programme piloté par le Réseau québécois de numérisation du patrimoine (RQNP) et géré par BAnQ. Le Musée d’art contemporain, le Musée de la civilisation et les Bibliothèques publiques du Québec sont entre autres membres de ce Réseau.


L’automne dernier, plus d’une dizaine de projets de numérisation du patrimoine ont ainsi été sélectionnés dans plusieurs organismes, et ce, afin de concrétiser la stratégie numérique pour le secteur culturel du gouvernement provincial. Ce plan vise à « encourager la sauvegarde du patrimoine culturel québécois et à favoriser sa diffusion […] afin de contribuer à la survie et au développement de notre identité collective », peut-on lire sur le document d’appel de projets publié l’an dernier. Cette première enveloppe doit servir à financer la numérisation de quelques pièces d’envergure du patrimoine québécois sur une période de deux ans.


Peu d’explications


Malgré nos appels répétés, BAnQ n’a pas souhaité s’expliquer sur les raisons de ce retard et ses conséquences. Ce retard a toutefois été confirmé par le cabinet du ministre de la Culture, Maka Kotto, qui en serait en partie responsable. « Il s’agit d’un problème administratif, a indiqué au Devoir Marc-André de Blois, attaché de presse du ministre. La disponibilité budgétaire viendrait tout juste d’être rétablie et les versements devraient être effectués sous peu », a-t-il ajouté sans plus de détails.


Fait à noter, les projets sélectionnés par le RQNP l’automne dernier l’ont été en partie en raison de « l’urgence d’agir » pour sauvegarder un élément du patrimoine menacé par le temps. L’ensemble de ces ressources documentaires nouvellement numérisées devait être mis à la disposition du public d’ici la fin de 2013. Par effet de domino, un retard est donc désormais à prévoir.


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