Les impacts des festivals et événements touristiques mesurés

Au terme d’une trentaine de projets pilotes menés depuis quatre ans auprès de festivals de diverses régions, la Société des attractions touristiques et Festivals et événements Québec (SATQ-FEQ) vient de produire un modèle d’évaluation des bonnes pratiques sociales.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Au terme d’une trentaine de projets pilotes menés depuis quatre ans auprès de festivals de diverses régions, la Société des attractions touristiques et Festivals et événements Québec (SATQ-FEQ) vient de produire un modèle d’évaluation des bonnes pratiques sociales.

Le succès des festivals et autres événements saisonniers se calcule depuis longtemps à la seule aune de la performance économique et du nombre de visiteurs. Mais la donne pourrait bien changer, puisqu’un des principaux regroupements d’événements vient de se doter d’un outil de mesure de la pertinence sociale et du caractère durable de diverses attractions et manifestations touristiques québécoises.


Au terme d’une trentaine de projets pilotes menés depuis quatre ans auprès de festivals de diverses régions, la Société des attractions touristiques et Festivals et événements Québec (SATQ-FEQ) vient de produire un modèle d’évaluation des bonnes pratiques sociales qui sera utilisé dès cet été par plus de 140 événements soutenus par Loto-Québec.


« Beaucoup de travail a été fait pour mesurer l’impact économique des festivals et événements, mais peu sur le volet social. Nous avons jugé bon de développer des outils qui mesurent aussi l’impact social d’un événement afin de développer de meilleures pratiques », a expliqué au Devoir Robert Aucoin, directeur adjoint et responsable de la recherche à la SATQ-FEQ.


Ce fameux outil permettra notamment de mesurer l’importance des liens tissés avec la communauté locale, d’évaluer si l’événement recourt à des modes de gouvernance participative, reflète dans sa programmation la culture locale ou régionale, contribue à la formation des employés locaux et à la qualité de vie des festivaliers, et utilise des plans de communication efficaces pour atteindre la population.


« L’objectif est de consolider les rapports entre les organisateurs d’événements et la population locale. Il n’est pas si facile d’évaluer l’impact social d’un festival, c’est pourquoi nous avons ciblé 12 enjeux majeurs, mesurables au moyen de 66indicateurs », ajoute M. Aucoin.


À l’extérieur de Montréal et de Québec, le bon déroulement des événements et festivals repose en grande partie sur des bénévoles, d’où l’importance d’offrir de la formation adéquate, un contexte de travail favorable et des plans de communications destinés à cette main-d’oeuvre essentielle à la survie de plusieurs événements cruciaux pour leur région.


« Chaque événement occupe en moyenne 180 bénévoles, mais dans le cas des plus gros, ce sont des milliers de personnes qui sont impliquées. Le Festival des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu gère notamment plus de 2000 bénévoles, et la clé du succès est cet ancrage dans la communauté », soutient le coauteur du nouvel outil.


Critères de financement


Si le bien-être, les intérêts et la culture de la population locale sont au coeur des indices du développement social, l’outil de mesure se penche aussi longuement sur l’impact environnemental des événements, notamment la gestion durable des déchets et des autres nuisances potentielles pour les riverains (bruit, circulation, etc.)


La SATQ-FEQ n’a pas voulu dévoiler la performance des organisations qui ont d’ores et déjà utilisé le nouvel outil de mesure des impacts sociaux, mais soutient que la plupart des festivals et événements testés font plutôt bonne figure.


À l’heure actuelle, l’impact économique et l’achalandage des événements sont des critères déterminants pour l’obtention de plusieurs subventions de ministères provinciaux ou fédéraux. Selon la SATQ-FEQ, si la performance sociale ne fait pas encore partie des critères exigés, elle sera certainement de plus en plus prise en compte dans l’évaluation des dossiers menant au financement.

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