Beautés et dérives du monde contemporain

Dans le cadre du FTA, Marie Brassard présentera le solo Trieste, tandis que Anne-Marie Cadieux sera de la distribution de L’homme atlantique (et la maladie de la mort).
Photo: François Pesant Le Devoir Dans le cadre du FTA, Marie Brassard présentera le solo Trieste, tandis que Anne-Marie Cadieux sera de la distribution de L’homme atlantique (et la maladie de la mort).

L’engagement sociopolitique des artistes du FTA se sentira à nouveau dès le premier soir avec le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, qui revisite L’ennemi du peuple d’Henrik Ibsen. Autre bon coup théâtral à saveur engagée : la venue du Français Joël Pommerat avec La grande et fabuleuse histoire du commerce, sur l’idéologie marchande. L’artiste européen Markus Öhrn aborde des excès de l’amour (notamment incestueux) dans Conte d’amour.


Mais le clou, c’est la primeur de la création Nella Tempesta, signée par la compagnie italienne Motus, qui a séduit le public et la critique l’an dernier avec son doublé sur la figure d’Antigone. « C’était un désir de part et d’autre que la suite soit créée en première mondiale à Montréal », expliquait au Devoir la directrice artistique du FTA, Marie-Hélène Falcon quelque heures avant le dévoilement. La pièce, présentée du 24 au 27 mai, s’enracine cette fois dans La tempête shakespearienne, qui se fait l’écho des mouvements sociaux de la planète.


Coup de coeur de Mme Falcon (bien qu’elle dise en avoir 22 !), la compagnie australienne Back to Back met en scène des déficients intellectuels dans une histoire aussi loufoque que sensible : le dieu Ganesh exige des comptes de Hitler, qui lui a volé le svastika pour en faire l’emblème nazi. En toile de fond : la tyrannie du metteur en scène.


La filière théâtrale québécoise promet le nouveau cru de Marie Brassard, Trieste, solo à voix multiples voix, ainsi que deux productions signées Christian Lapointe, Outrage au public de Peter Handke et L’homme atlantique (et la maladie de la mort) inspiré des écrits de Marguerite Duras.

 

Danses multiformes


Côté danse, les grands noms d’ici s’accumulent, mais les artistes montants s’imposent aussi. On aura la visite de la pionnière canadienne Robin Poitras avec le spectacle-procession Bells 13 dans la rue. Gratuit aussi, le nouveau solo né des inspirations du moment de Marie Chouinard, In Museum. O Vertigo présente sa nouvelle onde de choc, Khaos.


Chez la plus jeune génération, Frédéric Gravel s’allie à l’auteur Étienne Lepage pour un nouveau spectacle pop, Ainsi parlait… Inspiré du mouvement Occupy, Amy Henderson fait le pari, dans What We Are Saying, d’une parole collective sans chef.


De l’étranger, on attend notamment la Sud-Africaine Robyn Orlin. Beauty Remained for Just a Moment then Returned Gently to Her Starting Position… rend hommage à son pays à sa manière désopilante.


Deux figures de la danse conceptuelle française feront un retour, après leur passage au défunt FIND (Festival international de nouvelle danse), Xavier Le Roy, biologiste défroqué en danseur, avec son Sacre du printemps, et Boris Charmatz et sa récente Levée des conflits.

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