13e Journée mondiale de la poésie - Célébrer la poésie, miroir d’une époque

Écho direct à l’actualité sociopolitique planétaire, ces paroles rappellent que la poésie demeure un témoin privilégié d’un temps, d’une époque. Créée en 2000 dans la foulée de la 30e session de la Conférence générale de l’UNESCO tenue à Paris l’année précédente, la Journée mondiale de la poésie vit le jour à la lumière de six constats : un besoin sociétal poussant les jeunes en particulier à revenir à l’art poétique ; une recrudescence de l’activité poétique dans les États membres ; un retour et une acceptation de la tradition orale ; un renouveau du rôle du poète, dont la parole circule davantage grâce à la popularité des soirées de poésie ; un refus paradoxal des médias et du public traditionnel à prendre le poète au sérieux. Enfin, soulignait alors l’UNESCO, « il existe dans le monde contemporain des besoins insatisfaits en matière esthétique. La poésie peut y subvenir dans la mesure où son rôle social de communication intersubjective est reconnu et où elle demeure le moyen d’éveil et d’expression de la prise de conscience ».


Qu’en est-il 13 ans plus tard ? Selon Claude Beausoleil, poète de la cité et membre de l’Académie Mallarmé, « plus nécessaire que jamais, “en une seule phrase nombreuse” comme l’écrivait Gaston Miron, la poésie est le miroir de notre aventure terrestre. La poésie est porteuse d’espoir. Et en ce nouveau millénaire, le “Où vis-je ? Où vais-je ?” de Nelligan est toujours d’une actualité intime et sociale ».

 

De nombreuses activités un peu partout


Pour une deuxième année consécutive, Claude Beausoleil organise à la Maison du Conseil des arts de Montréal (jeudi de 17 h à 19 h) l’événement 21 poètes pour le XXIe siècle. « Ces [poètes] témoignent, chacun d’une voix singulière, de la polyphonie d’une ville comme Montréal. Ville française d’Amérique, laboratoire de cultures qui se rencontrent et se transforment dans une écoute de l’autre. Des poètes de diverses origines y prendront la parole. Cette Journée mondiale de la poésie est une précieuse occasion de célébrer la force de rassemblement de la poésie, qui pour moi est l’âme du langage », plaide-t-il.


À Montréal toujours, entre le 21 mars et le 23 avril (Journée mondiale du livre et du droit d’auteur), plusieurs poètes liront des extraits de leurs recueils respectifs lors de spectacles présentés dans le réseau Accès culture. Dans l’Auditorium de la Grande Bibliothèque, on pourra assister à un mélange des genres prometteur dans le cadre de l’activité Poésie et jazz (jeudi 19 h).


Du côté de Québec, le Printemps des poètes tiendra un 5 à 7 festif au Cercle, où un hommage sera rendu au poète et professeur Jean-Noël Pontbriand. Un nouveau prix de poésie y sera remis en collaboration avec l’Université Laval.


Dans les Laurentides et à Montréal, du 22 au 30 mars, on célébrera la Semaine de poésie à Sainte-Adèle, à Sainte-Agathe-des-Monts, à Sainte-Thérèse, à Saint-Eustache, à Saint-Jérôme et à Val-David. Un spectacle de clôture inspiré par Alice au pays des merveilles aura lieu à Val-David.

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