Préservation du patrimoine à Saint-Lambert - Les citoyens veulent classer l’aréna

Les citoyens jugent qu’en démolissant l'aréna, on jettera un édifice tout à fait viable, avis d’ingénieur à l’appui, et remarquable par son architecture.
Photo: Ville de Saint-Lambert Les citoyens jugent qu’en démolissant l'aréna, on jettera un édifice tout à fait viable, avis d’ingénieur à l’appui, et remarquable par son architecture.

« Elle est à l’étude présentement, confirme Annie LeGruiec, porte-parole du ministère de la Culture et des Communications. Avant d’en arriver à un classement, le ministère doit d’abord recueillir toute la documentation possible sur le bâtiment afin d’analyser sa valeur patrimoniale à l’échelle nationale. Les recommandations du ministère seront [alors] émises au ministre. »


Ce qui prendra des mois. Et d’ici là, ce processus en cours ne peut empêcher la démolition, si le vote du conseil municipal de Saint-Lambert en décide ainsi. Les rumeurs annoncent un conseil divisé à quatre conseillers contre et quatre pour cette solution radicale. Et un maire qui tranchera.


« La séance extraordinaire portant sur l’appel de la décision du comité de démolition pour l’aréna n’a toujours pas été fixée », indique au Devoir la porte-parole de la Ville, Catherine Langevin.


Construit dans les années 1960, l’aréna Eric-Sharp offre une structure en arches de bois de cèdre de Colombie-Britannique, « parmi les plus imposantes au Québec », selon Héritage Montréal. L’édifice a toutefois besoin de se refaire une jeunesse. Selon le maire Philippe Brunet, l’option de le rénover en l’améliorant coûterait presque aussi cher que celle de le reconstruire, estimée à 10,7 millions de dollars. Il favorise donc cette dernière, à l’instar des évaluations menées par la firme qui a aussi signé les plans du futur aréna.


Les citoyens jugent qu’en démolissant, on jettera un édifice tout à fait viable, avis d’ingénieur à l’appui, et remarquable par son architecture. « On pourrait très bien rénover notre aréna pour quatre ou cinq millions », croit Édith Lemieux, porte-parole du groupe de citoyens, comme c’est le cas pour les nombreux arénas actuellement en rénovation sur la Rive-Sud. Des organismes qui oeuvrent en histoire, en architecture et en patrimoine ont aussi pris position contre la démolition.


Subvention en cause


Les citoyens ont aussi reçu l’assurance de la ministre Marie Malavoy que la demande de subvention soumise par la Ville pour la nouvelle construction pouvait être modifiée en vue d’une mise aux normes de l’édifice existant.


« Cette décision doit toutefois […] être [prise] par la Ville de Saint-Lambert pour être accompagnée de justifications et être analysée par la suite par les autorités du fonds », indique Mme Lemieux, en citant la lettre reçue du ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS).


Or, la Ville indique qu’elle a envoyé au MELS, le 25 février dernier, les plans finaux du projet de construction d’un nouvel aréna destiné à remplacer l’actuel édifice, dernière étape à franchir pour obtenir la subvention de 4,4 millions de dollars demandée l’an dernier à cette fin.

 

Avec la collaboration de Jeanne Corriveau

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Protéger sans classer

« Pourquoi jeter par terre une structure encore de qualité ? », demande France Vanleathem à propos de l’aréna Eric-Sharp. Passionnée d’architecture moderne et contemporaine et fondatrice de Docomomo Québec, elle ne conclut pas à la nécessité de le classer pour autant. « On pourrait en classer les éléments intéressants. C’est surtout sa structure [courbée] qui fait sa particularité. » Elle vient de publier Patrimoine en devenir : l’architecture moderne du Québec (Publications du Québec).

Ces bâtiments de l’époque moderne sont déjà classés :

-Cathédrale du Christ-Roi (Gaspésie -Îles-de-la-Madeleine)
-Chapelle de l’Oratoire-Saint-Joseph (Saguenay -Lac-Saint-Jean)
-Cinéma Le Château (Montréal)
-Église de Saint-Marc (Saguenay -Lac-Saint-Jean)
-Habitat 67 (Montréal)
-Maison Ernest-Cormier (Montréal)
-Mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières (Mauricie)

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