Les artistes visuels, parents pauvres des redevances culturelles

Ottawa – Le gouvernement conservateur ne veut pas imposer une taxe pour le secteur canadien des arts de la scène, mais qu’en est-il d’une redevance ? Les peintres, sculpteurs et autres artistes visuels du pays espèrent que le ministre des Finances, Jim Flaherty, accueillera favorablement les propositions prébudgétaires qui leur permettraient de recevoir un certain montant lorsque leurs oeuvres sont revendues sur le marché.


Les chanteurs et auteurs de pièces musicales reçoivent une somme d’argent chaque fois que leur oeuvre est diffusée ou utilisée, et les producteurs de cinéma et de télévision peuvent obtenir des redevances de licence, mais le même système n’a pas été étendu aux arts visuels.


Dans ce domaine, les redevances offertes à la revente fonctionneraient de cette façon : outre la vente initiale et les échanges entre personnes, chaque fois qu’une oeuvre d’art est vendue sur le marché, un pourcentage de la somme serait remis à l’artiste. Un regroupement collectif approuvé par le gouvernement recueillerait et distribuerait les fonds.


Le Front des artistes canadiens (CARFAC) fait pression depuis des années auprès de députés et de responsables pour mettre un tel système sur pied, suggérant des redevances de 5 % lorsqu’une oeuvre se vend plus cher que 1000 $. Les coûts seraient répartis entre le propriétaire de l’oeuvre et le négociant. « À partir du moment où ils créent leurs oeuvres, les artistes continuent à bâtir leur carrière, leur réputation, et, en un certain sens, ajoutent de la valeur à leurs oeuvres en continuant de créer tout au cours de leur vie », a déclaré Grant McConnell, président du CARFAC. « Un artiste pourrait tout d’abord vendre une oeuvre pour un montant de 500 à 2000 $ et, plus tard dans sa vie, cette oeuvre peut se vendre plusieurs fois ce montant - parfois pour plus de 200 000 $. »


Des programmes de redevances à la revente sont en place dans des dizaines de pays, y compris en France et en Australie. Le système australien a été mis en place en 2010, et a été principalement conçu pour aider les artistes aborigènes. Entre sa mise en place, en juin 2010, et janvier 2013, le programme a distribué des redevances de plus de 1,4 million.


Au dire de M. McConnell, « dans une économie où il n’y a pas beaucoup d’argent à gaspiller, il s’agit d’un domaine où le gouvernement pourrait agir sans que cela lui coûte vraiment quelque chose, en plus de bénéficier aux membres du secteur culturel ».

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