Patrimoine - Après la promenade Champlain, le sentier de Sillery avec vue sur le fleuve?

« Si le projet suscitait l’adhésion, ce serait magnifique », a expliqué mardi la nouvelle présidente de la Commission de la capitale nationale (CCN), Françoise Mercure.


Le sentier longerait la falaise à partir de la côte Gignac (un peu avant les ponts) et s’étirerait vers l’est jusqu’au Bois-de-Coulonge. Selon Mme Mercure, la CCN aménagerait des escaliers aux deux extrémités pour le relier à la promenade Samuel-de-Champlain.


L’idée a souvent été évoquée dans le passé par la Ville ou la CCN, sans jamais aboutir. Or, elle pourrait jouir d’une seconde vie dans le cadre de la consultation publique en patrimoine lancée mardi après-midi par le ministre de la Culture Maka Kotto.


La CCN le soumettra alors officiellement au public pour mesurer son intérêt. « Si d’aventure, les consultations faisaient en sorte que les gens adhéraient […], ça pourrait donner un signal clair qu’on pourrait faire les aménagements pour que ça se réalise », a soutenu Mme Mercure.

 

Des citoyens ravis, un maire silencieux


La consultation publique sur Sillery a été créée en réponse aux doléances de groupes de citoyens sur le développement immobilier dans le secteur. Ces petits groupes locaux ont fait beaucoup de bruit pendant la campagne électorale pour qu’on protège les grands domaines de l’appétit des promoteurs immobiliers.


Ces immenses terrains, qui datent du régime anglais, avaient été rachetés par des communautés religieuses, ce qui leur a permis d’échapper au morcellement. Mais cela pourrait changer. Déjà, ces communautés vieillissantes ont commencé à en vendre des parcelles à des promoteurs qui souhaitent y construire des immeubles résidentiels.


Pendant la campagne électorale, le Parti québécois avait proposé d’imposer un moratoire sur le développement, mais depuis, le ministre Kotto a baissé le ton en misant plutôt pour une consultation. Quand même, il a annoncé que tous les travaux d’agrandissement et nouveaux développements y seraient suspendus pendant l’exercice.


La consultation doit débuter le 20 février et se terminer le 20 mars. Quant à la position du ministère, on la connaîtra vraisemblablement en juin. Quant à savoir si le gouvernement pourrait racheter des terrains ou y subventionner des projets patrimoniaux, M. Kotto a répondu que « non », ça ne faisait pas partie des scénarios pour l’instant.


Du côté des groupes de citoyens, la tenue de la consultation a été très bien accueillie. « C’est une très bonne nouvelle, a déclaré Johanne Elsener, de la Coalition Héritage Québec. On va leur proposer un développement qui va un peu plus miser sur la notion d’offre touristique. »


Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, il brillait par son absence mardi. M. Labeaume, qui s’est souvent plaint de la lenteur du ministère à agir dans ce dossier, semblait peu emballé par le projet de M. Kotto lundi soir au conseil municipal. Il réserve toutefois ses commentaires pour plus tard.

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