Le Cirque du Soleil confirme l’abolition de 400 postes

Renée-Claude Ménard, directrice des relations publiques du Cirque du Soleil, en conférence de presse mercredi à Montréal
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Renée-Claude Ménard, directrice des relations publiques du Cirque du Soleil, en conférence de presse mercredi à Montréal

C’est confirmé. Le Cirque du Soleil éliminera 400 postes sur les 5000 répartis à travers le monde. L’entreprise a fait le point, mercredi, sur les rumeurs qui circulaient depuis quelques jours dans les médias au sujet de la prochaine vague de mises à pied.

Le siège social montréalais, qui compte 2000 employés, subira une part importante de ces pertes d’emplois. Celles-ci s’échelonneront jusqu’en mars et suffiront à redresser la barre, estime l’entreprise. Une première vague d’une trentaine de mises à pied, à l’automne, avait préparé le terrain à ces coupes plus massives.


La nouvelle a fait le tour du monde en quelques heures.


Le Cirque était déjà en perte de vitesse depuis la fin 2011, alors que cinq spectacles ont quitté la scène prématurément - Zed, Zaia, Viva Elvis et Iris. Ce dernier n’aura vécu qu’une moitié d’année.


Le Cirque attribue ces reculs à « plusieurs facteurs, certains contrôlables, comme l’augmentation des dépenses et des coûts de production, d’autres incontrôlables, comme la force du dollar canadien et le contexte économique mondial - et son impact sur le divertissement - qui perdure depuis 2008 », explique au Devoir Renée-Claude Ménard, directrice des relations publiques de l’entreprise, qui engrange la quasi-intégralité (98 %) de ses revenus à l’étranger et concentre ses dépenses (95 %) ici, au Québec.


Si bien, que « les activités du Cirque ne sont pas rentables actuellement », dit Mme Ménard, tout en assurant que l’entreprise « n’est pas en crise ». L’erreur fut de continuer à développer son marché au même rythme fulgurant en comptant sur un climat économique qui allait se redresser…


« Comme Guy Laliberté [le fondateur] l’a dit [aux employés mercredi] : “on a eu une belle ride”, rapporte Mme Ménard. On a bien vécu, on s’est amusé follement, maintenant il est temps de faire face à la musique. »


Point d’équilibre ?


Tout cela force l’entreprise circassienne à réviser ses opérations en profondeur. Elle continuera de lancer de nouveaux spectacles et de remplacer ceux qui quitteront la scène au bout de leur vie (comme Saltimbanco). Une nouvelle version permanente du spectacle sur Michael Jackson sera d’ailleurs lancée au printemps et un nouveau cru destiné à la tournée sous chapiteaux est attendu à Montréal en 2014.


Mais le Cirque du Soleil juge avoir « trouvé un point d’équilibre, indique la directrice, avec six shows en chapiteaux et six en arénas », les sept autres étant installés à demeure, principalement à Las Vegas. Et il travaille déjà à diversifier ses activités.


« On cherche à définir d’autres types de contenus ou de partenariats stratégiques pour maintenir la croissance en termes de revenus », précise Mme Ménard. La création de la nouvelle entité Cirque du Soleil Média avec Bell en décembre dernier et l’investissement chez SidLee, il y a un an, en font partie.

 

Paradoxe


La troupe québécoise maintient tout de même 19 productions en activité à l’échelle internationale. « Il n’y a aucune autre entreprise culturelle qui offre autant de spectacles en même temps dans le monde », soulignait la directrice des relations publiques, en conférence de presse. Au plus fort de ses activités, le Cirque en comptait 22. « L’écart n’est pas si grand. »


Paradoxalement, le géant du cirque a vendu 14,2 millions de billets en 2012, un record dans l’histoire de la troupe, pour des revenus totaux d’un milliard de dollars, a fait savoir Mme Ménard. Pas de détails quant aux coûts et aux profits, toutefois. Et quand on aborde la question du taux d’occupation des salles, elle répond que « ça fluctue, selon le spectacle et le marché ». O est encore rempli à 100 % et Mystère, à 80 %, choisit-elle de citer en exemple. Mais les autres ?


Quoi qu’il en soit, Guy Laliberté n’a pas l’intention de se départir de son bébé.

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