Québec - Les beaux inclassables du Mois Multi

Brise-glace
Photo: Marie-Christine Mathieu Brise-glace

S’il est un sujet ardu à décrire dans un article, c’est bien la programmation du Mois Multi. Ce festival du multidisciplinaire se spécialise littéralement dans les oeuvres inclassables. Esprits trop cartésiens s’abstenir.

L’événement, qui en est à sa 14e édition, débute le 31 janvier et s’étire sur tout le mois de février. Encore cette année, les propositions artistiques frôlent l’invraisemblable.


En fait, l’art semble toujours être à l’envers de lui-même au Mois Multi. Le spectateur devient l’oeuvre d’art, le son est produit par la lumière, les chutes d’eau coulent à contresens et la choucroute sert à fabriquer de la musique.


Pas moins de 100 artistes figurent au programme, qui se déploie surtout au complexe Méduse, avec quelques percées du côté du Musée national des beaux-arts, du Palais Montcalm et de la Galerie des arts visuels, notamment.


Dans le volumineux cahier de programmation qui a été dévoilé mercredi, on remarque tout de suite les installations fort prometteuses de cette dernière mouture.


C’est le cas entre autres de Tunnel des Brésiliens Rejane Cantoni et Leonardo Crescenti. Présentée pour la première fois en Amérique du Nord, cette oeuvre monumentale fait dans l’art cinétique. « En traversant le dispositif, le sol se dérobe progressivement sous les pas des spectateurs, annonce-t-on. Le corps de l’oeuvre se contorsionne comme celui d’un serpent avalant sa proie. » Selon la responsable de la programmation Viviane Paradis, c’est l’une des belles prises de 2013.


L’installation vidéo Infinity II de HeeWon Lee (France-Corée du Sud) suscite aussi la curiosité. Cette projection monumentale montre une chute qui s’écoule à l’envers. Les images présentées aux médias sont superbes de mystère.


Autre incontournable : cette nouvelle performance de Diane Landry intitulée Brise-glace qu’on pourra observer depuis l’extérieur de la galerie Engramme, à la manière d’un aquarium.


Quant au public intéressé au théâtre et à ses déclinaisons, il ne sera pas en reste avec, notamment, la présentation de nouveaux projets de Daniel Danis et de Christian Lapointe.


Enfin, on tournera joyeusement autour de la musique avec le retour du Cabaret sonore, dans lequel retentira un synthétiseur fait de… choucroute. Quant à ceux qui ont la manie de déranger tout le monde avec leur téléphone portable pendant les concerts, ils pourront se mettre au service de l’événement Le téléphone bien tempéré de Walter Boudreau, Yves Daoust et la Société de musique contemporaine.

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