Cirque - De fable, de magie et d’urbanité

Il faudra patienter à l’automne pour découvrir Cirkopolis, la nouvelle production du Cirque Éloize.
Photo: Valérie Remise Il faudra patienter à l’automne pour découvrir Cirkopolis, la nouvelle production du Cirque Éloize.

Fusion entre cirque et magie, cirque urbain et fable surréaliste : l’année cirque 2013 démarre en lion, marquée par la première mondiale de La verità de la Compagnia Finzi Pasca (CFP) dans quel-ques jours et les vingt bougies du Cirque Éloize, qui présentera Cirkopolis dans la métropole à l’automne.


Faste et éclectique, la saison cirque sera ponctuée de plusieurs faits saillants à marquer d’une pierre blanche pour les férus de la piste. On en a déjà parlé dans ces pages, le lancement à Montréal de La verità sera à n’en pas douter un des points de mire de l’année, production attendue de la CFP dont toutes les créations antérieures ont été saluées tant par la critique que par un public gagné d’avance. Mobilisée ces dernières années outre-mer, notamment par la mise en scène de deux opéras au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, la troupe québéco-suisse n’a guère été vue depuis son passage à l’Usine C en 2010, avec Donka, une lettre à Tchekhov.


Le metteur en scène helvète et la codirectrice de la CFP, Julie Hamelin, ont trouvé un filon doré pour nourrir leur nouvelle production acrobatique : le prêt d’une toile monumentale de Dalí, réalisée en 1944 pour le ballet Tristan fou présenté au Metropolitan à New York. Prêt d’une fondation d’art suisse, le tulle de scène depuis invisible sera vu pour la première fois à Montréal, accompagné d’une fable pour 12 acrobates imaginée sur fond de surréalisme par Finzi Pasca.


Faste année


Dans un tout autre registre, 2013 marquera le retour, pour une troisième fois, de l’édition spéciale du Festival mondial du cirque de demain à la TOHU. L’exercice rallie les numéros de cirque primés au cours des cinq dernières années à ce célèbre concours parisien et permet d’embrasser d’un coup d’oeil ce qui se fait en cirque à travers le monde. La mouture 2013 braquera ses projecteurs sur des numéros de France, de Suisse et d’Allemagne. On y verra entre autres l’experte du « twirling bâton » depuis plus de 25 ans, un numéro intégrant l’échelle au trapèze et un jeune jongleur français médaillé d’or il y a quatre ans. Quatre des gagnants de la 34e édition, qui battra son plein du 24 au 27 janvier prochains à Paris, seront de la partie. Des artistes du Canada, dont Eric Bates, jongleur des 7 doigts de la main, et Angelica Bongiovonni du Cirque Éloize, à la roue Cyr, se mesureront aux acrobates du monde entier.


Pendant la relâche, on notera le passage de Mi Otro Yo, à la TOHU, un spectacle intimiste présenté par deux vrais jumeaux belges d’origine espagnole, qui explorent la notion de dualité et de duplicité. Mime et illusions parfument cette production qui tourne depuis 2006 en Europe. En mai, les finissants de l’École nationale de cirque (ENC) fouleront la piste de la TOHU dans deux productions présentées en alternance.


Il faudra patienter à l’automne pour découvrir Cirkopolis, la nouvelle production du Cirque Éloize, qui s’arrêtera dans la métropole dans un lieu (autre que la TOHU) qui sera dévoilé en mars. Deuxième production signée par Jeannot Painchaud depuis le départ de Finzi Pasca, Cirkopolis, tout comme le précédent iD, investit le terrain de la danse contemporaine avec des chorégraphies teintées par la touche de l’enfant terrible de la danse, Dave St-Pierre. Le conte rétro futuriste, inspiré du surréalisme allemand, raconte l’histoire d’un inconnu cherchant à fuir l’anonymat de la ville. Faste année pour le Cirque Éloize qui, pour fêter ses 20 ans, se prépare dès cet hiver, sous l’aile du géant Fuji, à tourner deux mois au Japon avec iD.

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