L’auteur Jean Leduc n’est plus

Figure marquante de la contre-culture québécoise, l’artiste, musicien et auteur iconoclaste Jean Leduc est mort le 23 décembre. Il était âgé de 79 ans.

Créatif jusqu’au bout, il a laissé de nombreux poèmes et collages, produits malgré une maladie dégénérative qui progressait depuis plusieurs années.


« La création, c’est ce qui l’a maintenu », confie son fils unique, Nicolas Leduc. Ce dernier a publié sur un blogue les créations de son père. « Il était aux soins intensifs et il trouvait le moyen d’écrire de la poésie. Il savait que c’était la fin, mais disait qu’il voulait écrire encore un peu… »


« C’était un iconoclaste, un marginal jusqu’au bout des ongles », résume Nicolas Leduc.


Né en 1933, Jean Leduc s’illustre d’abord comme organiste et reçoit le prix d’Europe en 1957. Poursuivant sa formation musicale en France dans les années 1960, il rédige parallèlement une thèse de doctorat sur le marquis de Sade. Passionné par l’époque de ce dernier, Jean Leduc constitue au fil des ans une impressionnante collection de 4000 volumes inspirée de la bibliothèque du sulfureux auteur. Cette bibliothèque a d’ailleurs été vendue aux enchères en 2009. De retour au Québec, il a enseigné la littérature à l’Université McGill, puis à l’UQAM, où il a donné pendant quelques années un des rares cours sur la littérature érotique.


Jean Leduc fonde les éditions Cul Q en 1974, publiant jusqu’en 1983 une soixantaine de titres d’avant-garde, dont une vingtaine de sa main. Claude Beausoleil, Jean-Paul Daoust, Josée Yvon et Lucien Francoeur y ont, entre autres, été publiés.


Famille et amis rendront un dernier hommage au disparu ce samedi 5 janvier, au complexe funéraire Alfred Dallaire du 4231, boulevard Saint-Laurent à Montréal. Y seront exposés livres, poèmes, collages et ouvrages des éditions Cul Q, un dernier hommage à l’univers de ce personnage unique.

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