Une tour de 37 mètres au parc Jean-Drapeau?

Une tour de communications de 37 mètres pourrait être implantée dès 2013 au coeur du parc Jean-Drapeau, sur l’île Sainte-Hélène. À l’heure où la notion de paysage vient d’entrer dans la législation pour élargir la portée du patrimoine culturel - dont le parc fait déjà partie depuis 2007 en tant que site patrimonial -, ce geste n’a-t-il pas quelque chose de contradictoire ?

Le projet d’antenne de type tripôle mené par Rogers Communications vise à offrir un meilleur service aux usagers des réseaux cellulaires lors des événements de masse comme Osheaga, la Fête des neiges ou le Grand Prix du Canada. La structure serait installée dans le boisé à 100 mètres de la station de métro Jean-Drapeau.


À la demande de la Société du parc Jean-Drapeau [SPJD], « soucieuse de minimiser le nombre de tours et d’installations cellulaires sur son territoire »,Rogers a invité Telus, Bell et Vidéotron à participer aussi au projet, indique par courriel Luiza Staniec, responsable médias chez Rogers.


Le choix de l’emplacement a aussi fait l’objet de délibérations avec la SPJD. L’entreprise n’a pas pu accrocher ses installations aux équipements existants du site, ceux-ci n’étant pas assez élevés pour accueillir les antennes. Les édifices patrimoniaux comme la Biosphère ont été exclus de l’analyse.


Rogers et la SPJD ont choisi un site « de moindre impact à tout point de vue » pour la nouvelle structure, ajoute Mme Staniec, en sortant du périmètre des sites historique et archéologique de l’île Sainte-Hélène et du circuit des visiteurs et en favorisant un secteur boisé, « à faible potentiel de développement » pour le parc.


« On est tous accros à la communication, mais on devrait essayer de trouver des [solutions de rechange] aux grandes tours pour assurer le service », affirme Dinu Bumbaru, qui salue tout de même l’effort de Rogers sur le plan du design envisagé de la tour. « On ne pourrait pas avoir un système de relais plus modestes distribués dans le paysage, sur les lampadaires, par exemple ? » Les antennes ont d’ailleurs fait l’objet de consultations publiques en 2011.


« C’est fait de bonne foi, mais peut-être pas avec les bonnes personnes », note-t-il, estimant que le Service des parcs de Montréal aurait pu ou dû être mêlé au dossier. « Cette antenne est le symptôme d’un problème plus profond : la SPJD a fait de bonnes choses, mais n’a peut-être pas dans son ADN un engagement pour développer le parc comme parc. Leur business, c’est l’animation, et non la gestion du premier parc de Montréal. »


Le projet de Rogers suit les étapes habituelles d’approbation par la Ville et requiert « une résolution du conseil d’arrondissement de Ville-Marie, qui aura auparavant reçu l’avis du Conseil consultatif d’urbanisme avant d’autoriser cette même construction et de l’assujettir à certaines conditions », précise la porte-parole de l’arrondissement, Anik de Repentigny.