WikiLeaks: une fondation pour des fonds

Le cyberactiviste australien Julian Assange demeure le porte-parole le plus connu de WikiLeaks.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sang Tan Le cyberactiviste australien Julian Assange demeure le porte-parole le plus connu de WikiLeaks.

Alors que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, s’apprête à passer le cap des six mois d’asile à l’ambassade de l’Équateur de Londres, des partisans du site d’information mettent en place une organisation mondiale pour soutenir financièrement « le journalisme offensif, d’intérêt public ».

La Freedom of the Press Foundation (FOPF) veut légaliser les donations en faveur de quatre sites d’informations, dont Wikileaks, et même les rendre déductibles d’impôt. Les géants des cartes bancaires (Visa et Mastercard) comme l’incontournable du paiement en ligne Paypal bloquent depuis deux ans les dons faits au bénéfice de WikiLeaks.


Ce site hautement sécurisé s’est fait connaître en 2010 en diffusant des documents de l’armée américaine sur la guerre en Irak et en Afghanistan, mais aussi quelque 250 000 messages diplomatiques des États-Unis, y compris des messages envoyés de l’ambassade et des consulats au Canada. Les documents secrets avaient préalablement été expurgés de données sensibles par des journalistes de grandes publications, dont Le Monde et The New York Times.


Les services en ligne de collecte de fonds ont ensuite refusé les versements au profit du site sous divers prétextes, qualifiant d’« illégales » ses activités, reprochant à M. Assange d’avoir fourni une fausse adresse à l’ouverture de son compte.


Le cyberactiviste australien demeure le porte-parole le plus connu de Wikileaks. À la suite de la divulgation des premiers documents sur la guerre en Afghanistan, la justice suédoise a demandé son extradition dans une nébuleuse affaire d’agression sexuelle. Après des mois de libération conditionnelle accordée sous de strictes conditions, impliquant le port d’un bracelet électronique, le 19 juin 2012 l’homme traqué s’est réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres. Sa demande d’asile politique a été acceptée, mais il n’a pas encore été transféré en Amérique du Sud. Un film hollywoodien est en préparation sur cette vie rocambolesque.


M. Assange vit dans une petite pièce où il dort et travaille. Dans une récente entrevue à la RTBF de Belgique, il expliquait que sa situation ne semblait pas près de s’améliorer. Selon lui, les États-Unis misent sur un changement de gouvernement en Équateur, après les élections de cet hiver. Il craint d’être extradé en Amérique où il risquerait une longue peine de prison, comme le militaire Bradley Manning, « taupe » présumée de WikiLeaks.


Il continue aussi son combat pour permettre le financement du site ouvert. « Il n’y a pas de souveraineté, pas d’autodétermination sans souveraineté économique, dit-il. Différentes forces politiques aux États-Unis, après la publication des câbles diplomatiques, ont voulu mettre en place un embargo économique contre WikiLeaks, comme pour Cuba. »


Réseau de soutien


Le site a obtenu une première victoire en cour, en Islande, contre Visa. D’autres causes courent en Europe. « Nous sommes en difficulté, mais pas au tapis, explique encore M. Assange. Les attaques sont très violentes, mais, avec le temps, nous avons développé un important réseau de soutien partout dans le monde. »


La Fondation pour la liberté de presse s’y ajoute. La nouvelle entité basée à San Francisco entend promouvoir et soutenir un « journalisme offensif, d’intérêt public visant à exposer toute mauvaise gestion, corruption et actes illégaux de la part d’un gouvernement », comme le résume le site pressfreedomfoundation. org lancé lundi. La FOPF collecte pour WikiLeaks, mais aussi pour les sites The upTake, TheNationSecurityArchive et MuckRockNews et pour elle-même, évidemment.


« Dans un monde en mutation économique et technologique, les médias deviennent de plus en plus sensibles à la pression des entreprises ou des gouvernements, dit encore le manifeste d’intention. Cela peut teinter la couverture, la diluer et, au pire, mener à la censure. En ce moment, un trop grand nombre de ces organisations médiatiques se bouscule pour obtenir du financement, en misant sur quelques fondations dont elles se disputent leur attention. »


La FOPF a été cofondée par John Perry Barlow et Daniel Ellsberg. M. Barlow est bien connu comme défenseur de la liberté d’expression sur le Web. On lui doit la Déclaration d’indépendance du cyberespace. C’est aussi un fermier à la retraite et le parolier du groupe Grateful Dead. M. Ellsberg s’est rendu célèbre au début des années 1970 en divulguant au New York Times les Pentagon Papers, plus de 7000 pages de documentations classifiées sur la guerre au Vietnam. C’est un peu le Julian Assange de ce temps. L’acteur et réalisateur politiquement engagé John Cusack siège aussi au comité de direction de la FOPF.

 

Avec l’Agence France-Presse

1 commentaire
  • André Michaud - Inscrit 18 décembre 2012 11 h 25

    à quand le procès ?

    Ce monsieur n'est pas au-dessus de lois, il doit subir son procès pour "agression sexuelle" en Suède, un pays ou il aura un procès juste et équitable. La Suède n'est la Corée ou Cuba..