Le jury au procès du maquilleur Rémy Couture prend connaissance de son oeuvre

Le jury au procès du maquilleur Rémy Couture, accusé de corruption des moeurs, a eu l’occasion d’observer ses oeuvres mercredi.


Les sept femmes et cinq hommes ont regardé en silence alors que des centaines de photos et deux vidéos présentant des meurtres sordides, de la torture, des agressions et de la nécrophilie sur des victimes féminines étaient présentées au tribunal.


M. Couture est accusé de corruption des moeurs en lien avec la distribution, la possession et la production de contenus obscènes, dans une affaire qui explore les limites de l’expression artistique.


Les jurés doivent décider si les contenus en question sont obscènes et dangereux et s’ils pourraient inciter des gens à tenter de reproduire les scènes présentées, comme l’affirme la Couronne.


L’artiste professionnel du maquillage réplique plutôt que son travail a une valeur artistique et que l’ingérence de l’État représente une violation de son droit à la liberté d’expression.


Le jury a demandé à ce que la présentation des photos soit accélérée, une demande acceptée par le juge. Les clichés étaient tout d’abord présentés à raison d’une photo toutes les 10secondes, avant de passer à des intervalles de cinq secondes.


Les images avaient été publiées sur un site Internet hébergé par M. Couture et intitulé « Inner Depravity ». Les oeuvres violentes, sexuellement explicites et baignant dans l’horreur, sont basées sur un personnage de tueur en série créé et interprété par l’accusé.


Avertissement


Un débat a eu lieu sur la question de savoir si les visiteurs du site Web étaient d’abord prévenus par un avertissement. La Couronne et le Service de police de la Ville de Montréal soutiennent ne pas avoir été en mesure de voir quelque avertissement que ce soit en examinant le contenu du site.


La défense a cependant déposé des preuves indiquant qu’il y avait bel et bien un avertissement qui indiquait clairement que du contenu potentiellement offensant se trouvait sur le site en question, que personne n’avait été blessé dans la création des oeuvres, et que le site était consacré à l’horreur et aux effets spéciaux.


Les vidéos controversées présentent également un générique de fin où sont nommés les artisans ayant pris part à la production des courts-métrages, y compris les actrices qui ont joué les victimes.


La cour a par ailleurs appris qu’Interpol avait tout d’abord été alerté à propos des images et des vidéos en 2006, par un internaute autrichien, et que les scènes avaient été jugées si réalistes qu’un pathologiste européen n’avait pas été en mesure d’écarter la possibilité qu’un meurtre avait bel et bien été commis.