Le MAL réagit aux propos de Maka Kotto

Le Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ) aura-t-il ou non sa part des compressions annoncées pour retrouver l’équilibre budgétaire ? C’est ce que demande le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) dans la foulée des déclarations du ministre de la Culture, Maka Kotto, la semaine dernière.

« Qui va nous donner la bonne réponse ? Mme Marois, M. Kotto, M. Marceau [ministre des Finances] ? En attendant, on tremble », a indiqué au Devoir Bastien Gilbert, porte-parole du MAL, qui a envoyé une lettre à M. Kotto à ce sujet, le 8 novembre.


En marge du Cinéma du Québec à Paris, le ministre Kotto a déclaré que chaque ministère « contribuera à l’effort » budgétaire, sous- entendant le sien aussi.


« On n’a pas entendu de discours aussi pessimiste depuis fort longtemps », a souligné M. Gilbert. Il a rappelé que le CALQ, qui soutient les artistes et organismes artistiques, coeur battant de la culture, a évité les compressions même sous le règne libéral, pendant la crise économique récente.


Les propos du ministre Kotto sont d’autant plus inquiétants, selon le MAL, qu’ils ne reflètent pas l’esprit du discours inaugural de la première ministre, prononcé pourtant une semaine plus tôt, le 31 octobre. « Nos créateurs sont à la source de cette culture et ils pourront compter sur un soutien sans faille du gouvernement. Par le biais des organismes subventionnaires, le financement à la création sera donc augmenté progressivement », avait dit Mme Marois. Un extrait d’ailleurs repris dans la lettre du MAL. M. Gilbert rappelle aussi la promesse électorale de hausser le budget du CALQ de 13 millions de dollars pour le porter à 100 000 $.


« On aimerait savoir où se trouve la réalité », lance M. Gilbert, en espérant un éclaircissement avant le budget prévu le 20 novembre.


Le MAL, qui représente 10 000 artistes, défendait récemment le fait que le CALQ, malgré de légères augmentations depuis dix ans, accuse un retard, au regard de l’augmentation du coût de la vie. Il estime qu’il faudrait 35 millions de plus pour combler le manque à gagner.

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