Conseil du patrimoine culturel - La transition s’opère dans la continuité

Pierre Vallée Collaboration spéciale
La nouvelle loi élargit le concept du patrimoine en y incluant des notions comme le patrimoine immatériel et le paysage culturel patrimonial.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La nouvelle loi élargit le concept du patrimoine en y incluant des notions comme le patrimoine immatériel et le paysage culturel patrimonial.

Ce texte fait partie du cahier spécial Patrimoine culturel

La nouvelle Loi sur le patrimoine culturel, qui vient tout juste d’entrer en vigueur, crée du même coup un nouvel organisme, le Conseil du patrimoine culturel du Québec, qui vient prendre la relève de la maintenant défunte Commission des biens culturels du Québec. Entrevue avec son président.

C’est Yves Lefebvre, qui assumait depuis 2010 la présidence de la Commission des biens culturels du Québec, qui se voit confier les rênes du nouvel organisme. « La création d’un nouvel organisme était devenue nécessaire si on voulait que ce dernier soit conforme à la portée de la nouvelle loi. Mais la transition se fait dans la continuité, tout comme s’est faite autrefois la transition entre la Commission des monuments historiques et la Commission des biens culturels. »


Rappelons que la Commission des monuments historiques fut créée en 1922, après l’adoption de la Loi sur les monuments historiques, et que les premiers classements de monuments historiques eurent lieu en 1929, soit ceux de la Maison des jésuites, à Sillery, du Château De Ramezay, à Montréal, et de l’église Notre-Dame-des-Victoires, à Québec. C’est en 1972, lors de l’adoption de la Loi sur les biens culturels, que la Commission des monuments historiques se muta en Commission des biens culturels. « Même avec ces changements, on peut dire que nous sommes le plus ancien organisme gouvernemental en activité au Québec, avec 90 années d’existence. »


Différents noms, mais même fonction principale


Peu importe le changement de nom de l’organisme, sa fonction première demeure la même. « Nous sommes un organisme indépendant du ministère de la Culture et des Communications et nous répondons directement au ministre. Nous sommes là pour le conseiller et lui donner un avis lorsque ce dernier le demande. » Le Conseil du patrimoine culturel peut aussi faire une recommandation au ministre, tenir des consultations publiques et commander des études.


Le conseil est composé de douze membres, dont le président et le vice-président. « Nos membres proviennent de divers secteurs d’activité et de différentes régions du Québec, ce qui nous donne des personnes ayant des expériences très variées. L’idée est de faire en sorte que le tout du conseil soit plus grand que la somme de ses parties. »


Les avis du conseil s’appuient sur quatre facteurs. « Il y a d’abord l’expertise même de nos membres. Et puis, il y a les études et les recherches qu’on peut commander. Et, comme nous tenons des consultations publiques, nous avons une bonne connaissance des enjeux locaux. De plus, il y a l’expertise internationale dont on peut se servir. »


Ce qui a changé


Il y a deux choses qui ont changé dans le fonctionnement du Conseil du patrimoine culturel du Québec, et ce, pour tenir compte des nouvelles dispositions de la Loi sur le patrimoine culturel. « La nouvelle loi élargit le concept du patrimoine en y incluant des notions comme le patrimoine immatériel et le paysage culturel patrimonial. » La nouvelle loi se rapproche ainsi de la définition du patrimoine telle que proposée par l’Unesco, mais, dans le concret, on ne sait pas encore comment cela se traduira. « Nous n’avons pas encore eu de demande en ce sens. On verra donc à l’usage comment tout cela se mettra en place dès qu’on aura une première demande. »


Une autre modification dans le fonctionnement de l’organisme concerne les avis portant sur les demandes de travaux à être exécutés sur des bâtiments ou des sites patrimoniaux. « L’ancienne loi obligeait le ministre à demander notre avis pour toutes les demandes, la nouvelle loi précise plutôt qu’il peut le faire s’il en voit le besoin. » La conséquence directe de cette modification est qu’il y aura moins de demandes d’avis, puisque les demandes pour des travaux de moindre importance pourront être évaluées uniquement par le ministère. « Cela aura pour effet de nous dégager du temps, que nous allons mettre à profit afin de bonifier et de multiplier nos consultations publiques. Nous allons pouvoir être davantage à l’écoute de la population. »

 

Ce qui ne change pas


Par contre, ce qui ne change pas, c’est la façon dont fonctionnent les membres du Conseil du patrimoine culturel. « Notre approche a toujours été et demeure une approche consensuelle, où on cherche à mettre à profit la synergie entre nos membres. Notre travail est rigoureux et basé sur des connaissances. Notre esprit est critique mais ne manque pas d’ouverture. »


Et la philosophie qui sous-tend le tout demeure la même. « Nous gardons le cap sur notre ligne éditoriale, qui veut que la protection du patrimoine peut se faire sans mettre sous cloche de verre le Québec tout entier. Nous ne voyons pas d’opposition entre la protection du patrimoine et le développement. J’aime bien ici me servir de l’exemple de l’arbre. Que fait d’abord l’arbre ? Il fait pousser ses racines. Et c’est quand ses racines sont solides qu’il peut vraiment grandir. Protéger et mettre en valeur le patrimoine est un geste tourné vers l’avenir qui s’adresse aux générations futures. »


Sans compter que le patrimoine lui-même est en développement. « Notre dernière étude est un ouvrage de sensibilisation qui paraîtra bientôt et qui porte sur le patrimoine en devenir et l’architecture moderne au Québec. Ce type d’ouvrage est aussi un outil qui nous permet de nous rapprocher du citoyen, parce que la protection du patrimoine devient une réussite lorsque les citoyens se l’approprient, ce qui est de plus en plus le cas. Je crois sincèrement que le patrimoine culturel québécois a de belles années devant lui. »


Collaborateur

1 commentaire
  • Claude Jean - Inscrit 27 octobre 2012 04 h 51

    Conseil du patrimoine culturel du Québec

    Conseil du patrimoine culturel du Québec

    http://www.cbcq.gouv.qc.ca/

    Je me souviens!