Loi sur le patrimoine culturel - Le milieu du patrimoine vivant exprime ses craintes à la suite de l’entrée en vigueur de la loi

À Québec, les Nouvelles-Casernes construites de 1749 à 1752 ont abrité les troupes françaises envoyées en renfort dans la colonie après la prise de Louisbourg par les Britanniques en 1745.
Photo: Ministère de la Culture et des Communications, Jean-François Rodrigue, 2006 À Québec, les Nouvelles-Casernes construites de 1749 à 1752 ont abrité les troupes françaises envoyées en renfort dans la colonie après la prise de Louisbourg par les Britanniques en 1745.

Le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV) salue l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur le patrimoine culturel, tout en formulant quelques inquiétudes concernant son application. L’organisme est directement concerné par le « patrimoine immatériel » qui figure maintenant dans la législation.

Il craint que l’enveloppe de 1,2 million de dollars créée pour honorer les nouveaux éléments de la loi, qui vise à soutenir les projets de tous les acteurs en patrimoine - de l’individu aux municipalités en passant par les musées et les universités - ne fasse pas de réelle différence pour le milieu de patrimoine vivant (musique, conte, danse, artisanats traditionnels).


« On peut d’ores et déjà craindre que les seuls fonds additionnels dirigés partiellement vers le secteur du patrimoine vivant n’engendrent pas un impact significatif sur le milieu ciblé », déplore le CQPV dans un communiqué diffusé mardi. Si Québec veut faire valoir cette dimension du patrimoine, encore faut-il soutenir adéquatement les artistes et organismes qui l’incarnent, croit le directeur général du CQPV, Antoine Gauthier, au nom de tout le milieu du patrimoine vivant.


Le CQPV recommande aussi la mise sur pied d’une table de concertation pluridisciplinaire pour veiller au développement des éléments de patrimoine immatériel nouvellement « désignés » par le ministre.


« Si on désigne par exemple la musique traditionnelle, il serait intéressant que le Conservatoire, le Conseil des arts et des lettres du Québec, la Société de développement des entreprises culturelles, des musiciens et les organismes qui les représentent s’assoient ensemble pour voir ce qui peut se faire pour développer cette forme-là », explique M. Gauthier. Pour l’instant, rien ne suit la désignation. « Les statuts ne sont pas une fin en soi, ce sont des moyens - de mise en valeur, de connaissance, de transmission. »


Quatre biens classés


Québec a profité de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, vendredi dernier, pour annoncer le classement de quatre nouveaux biens, désormais inscrits au Registre du patrimoine culturel québécois.


À Montréal, l’édifice de la Banque canadienne impériale de commerce, rue Saint-Jacques, érigée en 1907-1909, témoigne de la prestance de l’institution avec son portique à six colonnes corinthiennes et ses cinq chambres fortes. Quelques rues plus loin, le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni, que le musée Pointe-à-Callière veut mettre en valeur sous la place d’Youville, raconte un pan important de l’histoire montréalaise.


À Québec, les Nouvelles- Casernes construites de 1749 à 1752 ont abrité les troupes françaises envoyées en renfort dans la colonie après la prise de Louisbourg par les Britanniques en 1745. À Saguenay, c’est la chapelle de l’oratoire Saint-Joseph, conçue par l’architecte Léonce Desgagné en 1941, qui a été classée.


Le ministère a aussi rajeuni son Répertoire du patrimoine culturel du Québec, désormais plus dynamique et convivial pour l’usager.

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