Un cliché mis à mal

On entend souvent la rengaine. Les jeunes lisent moins et fréquentent moins les lieux culturels que les générations précédentes. Un cliché bien malmené par l’étude culturelle publiée jeudi par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, dans le cadre de la grande série d’Enquêtes sur les pratiques culturelles du Québec.


Quoi qu’on en dise, « de façon générale, les 25-34 ans sont plus nombreux que les 55-64 ans à fréquenter les établissements culturels, à lire et à faire des sorties culturelles », souligne la sociologue Caroline Legault, auteure de cette première étude favorisant l’approche intergénérationnelle de la fréquentation culturelle intitulée Les pratiques culturelles selon la génération des baby-boomers et des jeunes de 25 à 34 ans de 1979 à 2009.


Les jeunes lecteurs sont peut-être un peu moins nombreux qu’en 1979, mais tous genres confondus (livres, quotidiens, revues), ils dépassent en proportion les lecteurs âgés de 55-64 ans, peu importe l’année d’enquête. La fréquentation des bibliothèques par les jeunes a notamment connu un boom entre 1999 et 2009.


Autre mythe renversé : les jeunes d’aujourd’hui fréquentent en plus grande part les concerts classiques, d’opéra et d’opérette que leurs homologues de 1979 - 20,6 % contre 11,2 %.


L’auteure nuance toutefois en précisant que les 55-64 ans favorisent davantage certains types de pratiques, dont le théâtre (46 % contre 35 % chez les jeunes), la danse (19 % contre 17 % chez les jeunes) et les concerts de musique classique, d’opéra et d’opérette (30 % contre 20 %). En revanche, les jeunes fréquentent plus massivement les chansonniers et auteurs-compositeurs-interprètes (45 % contre 39 % chez les plus vieux) et le cinéma (77 % contre 57 %). Ces observations rejoignent un peu les thèses du sociologue Rosaire Garon, qui concluait en 2004 à une baisse de fréquentation des lieux dits traditionnels de la culture.



Théâtre


« La plus grande différence entre les tranches d’âge s’observe pour l’assistance au théâtre qui connaît une augmentation importante chez les 55-64 ans de 1979 à 2009 (22,6 % à 45,6 %), alors qu’on note une baisse chez les 25-34 ans au cours des années (42,6 % en 1979 comparativement à 35,5 % en 2009). »


La bonne nouvelle, c’est que globalement, toutes les cohortes d’aujourd’hui fréquentent davantage la culture que leurs homologues de 1979, exception faite de la lecture de livres et de revues, malgré le regain de 2009. Ce qui incite à croire qu’en général, et surtout en ce qui a trait aux visites de musées, souligne l’étude, « les stratégies d’accessibilité et de démocratisation semblent avoir une influence positive sur les visites des Québécois de 25 à 34 ans ».

1 commentaire
  • Denis Raymond - Inscrit 2 septembre 2012 15 h 17

    Les causes

    Il aurait été intéressant de connaître les causes concernant les ''lieux traditionnels'', du moins un profil. Je me dis, dans certains cas, la première cause serait la ''culture'' des parents et de la diffusion du savoir par les parents. À chaque année, à la Maîtrise des Petits Chanteurs du Mont-Royal, il a envirion 180 à 200 élèves qui apprendront à chanter la période de la Renaissance et les autres périodes, ils liront une partition de musique chorale, disons Mozart ou Schubert, les yeux fermés(malgré Mr Patenaude est très exigeant à ce que le jeune choriste regarde le Chef en avant lol). Ceci étant dit, ça démontre tout de même un intérêt pour ce type de musique, même si c'est dans l'intention de connaître et apprendre, de là l'implication des parents.