Villages d’hier, quartiers d’aujourd’hui

La Petite-Bourgogne: le quartier en bas de la côte, ancien faubourg ouvrier traversé par de grands projets d’infrastructure moderniste.
Photo: Bruno Florin La Petite-Bourgogne: le quartier en bas de la côte, ancien faubourg ouvrier traversé par de grands projets d’infrastructure moderniste.

Les quartiers montréalais s’érigent pour la plupart sur les traces qu’ont laissées les anciens villages, dans le sillage de l’histoire. C’est ce que racontent les guides d’Architectours, pendant les week-ends des mois d’août et de septembre, aux visiteurs curieux de remonter le cours du temps en arpentant les rues à pied.


Après deux éditions essentiellement axées sur la métropole d’aujourd’hui, Héritage Montréal, qui organise ces circuits pédestres depuis plus de 20 ans, s’attarde cette année sur les origines de huit quartiers. D’Outremont-Mile-End à Villeray, en passant par la Petite-Bourgogne, Saint-Henri, Côte-des-Neiges et Notre-Dame-de-Grâce.


« On découvre la racine des quartiers actuels, les noyaux villageois, qui tournaient généralement autour de deux ou trois édifices : l’école, l’église, une banque, explique la coordonnatrice d’Architectours, Émilie Vézina-Doré. C’est à partir de ces noyaux villageois que les quartiers se sont développés. On peut croiser plusieurs noyaux dans un même circuit. »


On découvrira par exemple que le Plateau-Mont-Royal (visite de dimanche prochain) recouvre plusieurs de ces villages du xixe siècle, dont deux feront l’objet d’un examen plus approfondi par les guides : Saint-Louis et Saint-Jean-Baptiste.


L’architecture sert ici de machine à voyager dans le temps, autant que les éléments de la trame urbaine. On tente de déceler les vestiges d’une ancienne rue ou la fonction oubliée d’un édifice.


« Même si l’accent est mis sur le passé, on montre quel impact les décisions actuelles ont sur ces noyaux villageois, précise Mme Vézina-Doré. Par exemple, l’arrivée du métro a beaucoup changé le développement des quartiers. »


Chaque quartier a ses couleurs propres. Aujourd’hui associé aux communautés culturelles et à l’industrie aéronautique, Saint-Laurent, que les visiteurs arpenteront samedi, témoigne d’un passé plus agricole et habité par les grandes congrégations. D’où, peut-être, sa moindre densité de population.


Architectours (heritagemontreal.org) fonctionne selon la règle du premier arrivé, premier servi sur les lieux de départ de chaque visite. Il y a une limite de 105 billets (deux visites en français, une en anglais) pour chaque circuit. Alors, mieux vaut se présenter au moins 15 minutes à l’avance, prévient-on.