Dominic Champagne s’intéresse à The Wall

La présence de l’ex-Pink Floyd Roger Waters à Québec pour la présentation du spectacle The Wall pourrait servir à relancer le projet d’adaptation de la mythique oeuvre par le Cirque du Soleil, a appris Le Devoir.


Selon nos informations, le metteur en scène Dominic Champagne doit rencontrer Roger Waters lors de son séjour à Québec. Le bassiste et chanteur présentera The Wall Live samedi sur les plaines d’Abraham, devant une foule qui atteindra 75 000 personnes si tous les billets sont vendus.


En entretien avec Le Devoir lundi (au sujet de sa possible candidature aux élections provinciales), M. Champagne a refusé de confirmer quoi que ce soit relativement au Cirque - les projets de la multinationale circassienne sont toujours élaborés dans la discrétion. Mais il n’a pas nié son intérêt pour le projet The Wall, ni le fait qu’il a eu des discussions à ce sujet. « J’ai des projets avec le Cirque du Soleil, mais rien qu’on peut confirmer », a-t-il dit.


M. Champagne a précisé « avoir eu des rencontres avec Roger Waters il y a six-sept ans autour de l’idée de The Wall. Il y avait ça dans l’air. Mais au Cirque, il y a toujours beaucoup de projets… »


À l’époque, en septembre 2005, les médias avaient rapporté l’intérêt de M. Waters pour une collaboration avec le Cirque. Le musicien avait indiqué au Soleil qu’il travaillait à l’écriture d’un spectacle et qu’il en avait discuté avec l’équipe de Guy Laliberté - le nom de M. Champagne n’avait pas été évoqué publiquement à ce moment. « J’aime ces gens, avait dit Roger Waters. Je pense qu’ils sont bourrés de talent. »


Le choix de Dominic Champagne serait tout indiqué pour le type de projet ciblé : il a mis en scène le premier spectacle musical du Cirque, le Love célébrant les Beatles à Las Vegas depuis 2006. Il a aussi dirigé les projets Varekai (2002, encore en tournée en Amérique du Sud) et Zumanity (2003, en résidence à Las Vegas).


L’équipe de Roger Waters ne nous a pas rappelés hier. Au Cirque du Soleil, on a indiqué officiellement « ne pas avoir de projet en développement avec Roger Waters ».

8 commentaires
  • Marie-Claude Champagne - Inscrite 19 juillet 2012 07 h 30

    Quel spectacle!

    Assurément ce serait un magnifique spectacle. The Wall par le Cirque du Soleil. Avec Dominic Champagne dansle projet, ce serait un succès. J'adorerais voir les artistes du cirque interprété ce culte de la musique rock. Faites-le SVP, et surtout présentez-le ici, au Québec pour que nous puissions le voir.

    • Ginette Bertrand - Inscrite 19 juillet 2012 09 h 23

      Tout à fait d'accord avec vous, Mme Champagne. C'est en effet beaucoup plus dans les cordes de Dominic. L'ennui c'est qu'il ne pourra pas le faire si jamais il gagnait ses élections. Curieux, d'ailleurs, me semble qu'on n'en entend plus parler à titre de futur potentiel candidat libéral indépendant.

  • Michel Mongeau - Inscrit 19 juillet 2012 09 h 41

    "The Wall", le Cirque du Soleil pourrait-il passer son tour?

    Ne trouvez vous pas que le Cirque du Soleil est en train de perdre un peu de sa grande crédibilité à trop se multiplier et en choisissant de s'arrimer à des projets davantage commerciaux que proprement artistiques? "The Wall" a été l'objet d'un album musical, d'une tournée de spectacles et d'un film diffusé à profusion, sans oublier les millions de produits dérivés. N'est-ce pas suffisant? Ne pourrait-on pas espérer une autre histoire, un thème ou une idée originale pour alimenter le Cirque de monsieur Laliberté? Et puis, cette histoire glauque, anti-scolaire, ambigüe, triste et condescendante face à l'amertume de la tourmente adolescente, serait elle stimulante et pertinente en 2012? J'ose espérer que le Cirque du Soleil trouve un astre plus reluisant pour poursuivre sa route dans le firmament du monde du spectacle.

    • Geoffrey Thorpe - Inscrit 19 juillet 2012 12 h 27

      «anti-scolaire», vous dites?? Faut ne rien comprendre des institutions politiques et académiques en Angleterre de cette époque. Ou bien ce style ironique qui caractérise l'humour noir des Anglais vous échappe. (S'il y a des fautes dans mon français, ce n'est pas parce que je suis anti-scolaire, je suis un immigrant Néo-Zélandais avec un sens d'humour aussi noir que mon père, lui, un Anglais.) D'emblée, il faut mentionner que ce n'était pas partout sur la planète où, dès les années 60, on pourrait crier victoire contre les écraseurs d'esprits et des laveurs de cerveaux. Avant la fin de la grande noirceur québécoise, il me semble qu'on aura pu crier à la face du clergé qu’«on n'a pas besoin de votre "éducation"», non?

      Vous n'êtes pas obligé de tout comprendre pour vous intéresser à l'oeuvre, évidemment. Mais il me semble que la barre doit être un peu plus haut pour juger publiquement de son contenu essentiel. «Education» ici est entre guillemets, je crois. La phrase qui suit doit aussi être prise en compte; «We don't need no thought control.» D'ailleurs, il y a d'autres références à George Orwell et Aldous Huxley là-dedans. S'il vous reste des doutes, écoutez les autres albums de Waters - ils démontrent incontestablement un mépris profond pour les pourvoyeurs d'ignorance, surtout de l'ignorance à la sauce religieuse.

      Je ne suis pas un fan fini de Waters, loin s'en faut. Mais je sais reconnaitre un artiste qui a un don d'instinct et d'intuition qui fait en sorte que son travail dure et prenne d'autres sens utiles, au-delà de sa conception initiale. Mais surtout, SURTOUT, je sais qu'on ne peut pas traiter son oeuvre de «anti-scolaire» sans avoir soit (a) rien compris, ou (b) une nostalgie tordue pour le genre d'«éducation» (ou gavage d'enfants) qu'aurait aimé Maurice Duplessis lui-même.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 19 juillet 2012 09 h 52

    Un doute

    Depuis une quarantaine d'années d'existence de The Wall ( à peu près), j'ai toujours ressenti un malaise très flou à l'écoute et j'ai finalemenet trouvé ce que c'est lors du spectacle des humoristes pour aider les étudiants, cet été.
    En effet, il y a eu une diapositive qui est passée rapidement qui soulignait l'erreur de Pink FLoyd de ridiculiser le bien fondé de l'éducation par la phrase: We don't need no education.
    Voilà. C'est une phrase à portée énorme, qui sait, qui a peut-être une influence titanesque sur le décrochage scolaire. The Wall, un mur contre l,éducation???
    Je suis sérieux: j'ai vraiment toujours senti ce malaise et je ne suis certainement pas le seul. Je ne suis pas d'accord avec Pink Floyd, ( ou Waters) qui ont certes innové mais qui, ayant commencé jeunes, n'ont certainement pas étudié beaucoup autre chose que des sons et un peu de littérature.
    Un de mes livres préférés sur l'éducation: Le droit à l'intelligence de Luis Alberto Machado, qui a fait un ministère pour le développement de l'intelligence humaine, au Vénézuéla.

  • Maurice Bernard - Inscrit 19 juillet 2012 10 h 59

    The Wall

    Je suis un peu "tanné" (le mot est faible...) de voir des milliers de personnes(jeunes) payer un prix énorme pour aller, soirs après soirs, entendre des groupes de guitaristes»(qui ne prennent aucun solo...) qui s'égosillent à tue-tête, accompagnés de batteurs qui battent profondément sur le 2e et 4e temps de la mesure.
    Pourquoi on se sent obligés d'aller chercher des "performers" américains ou d'ailleurs alors que nous avons ici, des artistes de grand talent ? C'est une insulte pour nos jeunes talents qui étudient la musique (la vraie...) avec nos...impôts!
    Et pour changer la "sorte" de spectateurs, ne pourrait-on pas, s'il faut toujours aller chercher ailleurs, penser à, par exemple, André Rieux, l'OSM, l'OSQ, les Boston Pops et beaucoup d'autres qui jouent de la musique "non débilitante"...?
    Il existe plusieurs autres instruments de musique que les guitares et les "drums" avec des sons plus agréables à entendre.
    Les spectateurs ne seraient pas de la même "catégorie"... Faut aussi penser aux gens...plus cultivés; ils ont aussi droit à de semblables concerts de grande envergure...
    Cependant, ces "rockers" sont bons dans leur domaine mais, mes oreilles n'en peuvent plus...! Comme pour le chocolat, trop c'est trop!
    maurice.bernard@videotron.ca

  • Michel Mongeau - Inscrit 19 juillet 2012 14 h 23

    @ Geoffrey Thorpe

    Merci pour votre commentaire de mon texte. Sachez que vous écrivez pas mal bien le français pour un natif de Nouvelle-Zélande (même face à moult Québécois d'origine, il faut l'avouer.) Je suis allé à plusieurs reprises en Grande-Bretagne et connait le vieux système des "grammar schools". Je comprends donc, je crois, le contexte dans lequel monsieur Waters a écrit ce texte durant la fin des 70's. Ceci dit, il y a tout de même une association sémantique créée, dans cette oeuvre, entre l'aliénation, le contrôle de la pensée, l'enfermement presque schizophrénique et dépressif et l'école. Cette association ne va pas de soi, surtout quand on parle d'en faire une oeuvre populaire dans les années 2012.

    • Geoffrey Thorpe - Inscrit 19 juillet 2012 18 h 27

      À mon tour - merci pour votre réponse!

      Pour ce qui est de rendre «The Wall» pertinent de nos jours; j'étais à Londres l'an passé où j'ai eu la chance de voir le spectacle et j'ai pu constater que les références du vieux système scolaire n'existent presque plus. Apparemment, le vecteur du problème qu'on veut dénoncer n'est plus la rigidité castrante d'une société coincée dans son conservatisme, et se trouve plus tôt dans une forme d'oligarchie supranationale, marchande et, surtout, médiatique. Donc, le «mur» qui enferme et qui devrait tomber était peut-être une stigmatisation normalisante par chacun envers chacun dans l'oeuvre originale, mais s'est transformé en une impuissance politique et intellectuelle des individus face à un autre genre de «mur» qui est intouchable et inchangeable. Bref, c'est comme changer de schéma de Mervin Peake jusqu'à Hervé Kempf, mais en plus banal! :-) Bien sûr ça tombe occasionnellement dans le simplisme brut, et je ne veux pas prétendre le contraire. Mais tant que c'est constructif et peut atteindre *beaucoup* de monde, je suis «pour».

      Pour ma part, j'adore le cirque en général et Cirque du Soleil en particulier (je suis un jongleur quand ça me tente), mais dieu sais qu’il y a beaucoup des beaux spectacles épatants qui n'ont absolument rien à dire. On fait des spectacles pour ressusciter l'ouvre des Beatles et Michael Jackson, et sur le plan intellectuel et politique cela n'est qu'un gigantesque vide - mais c'a l'air de froisser personne. Donc un spectacle sur The Wall, qui risque de rendre au moins quelques imbéciles un peu moins cons, pourquoi pas?