Grand Pré est sacré patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO

Le paysage de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse.
Photo: Wikipedia Commons Le paysage de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse.

Grand Pré - Le lieu historique national de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, a obtenu ce samedi le statut de site du patrimoine mondial de l'humanité. Ottawa a confirmé en matinée que l'UNESCO, dont les délégués étaient réunis à Saint-Pétersbourg, en Russie, avaient déclaré patrimoine mondial le paysage de Grand-Pré.

Le ministre de l'Environnement, Peter Kent, a mentionné par voie de communiqué être enchanté de la nouvelle. Selon lui, le caractère unique de Grand-Pré attirera des touristes étrangers à la recherche d'expérience unique et de sites symboliques, en plus des autres touristes canadiens et acadiens.

La Société Nationale de l'Acadie (SNA) s'est félicitée de l'inclusion de Grand-Pré parmi les sites du patrimoine mondial, soutenant que c'était là une reconnaissance de «très grande envergure». Le président de la SNA, René Légère, soutient que cette désignation est une nouvelle confirmation de l'existence du peuple acadien, dans un communiqué publié sur le site Web de l'organisme.

C'est à Grand-Pré, en bordure de la baie de Fundy, qu'a débuté la Déportation des Acadiens en 1755. Le site, doté de caractéristiques culturelles «exceptionnelles», fait plus de 1300 hectares de terrains et de propriétés. Il aura fallu patienter plusieurs années avant que le site de Grand-Pré n'obtienne la reconnaissance de l'UNESCO.

La zone qui vient tout juste de faire dans son entrée aux sites du patrimoine mondial inclut les municipalités de Grand-Pré et de Hortonville. Fondé en 1682, Grand-Pré devient le 16e site au Canada à faire partie du patrimoine mondial de l'humanité. De ce nombre, 11 sites sont au moins partiellement administrés par Parcs Canada.

La proposition étudiée à l’Assemblée générale des délégués du WHC sur le site du paysage culturel de Grand-Pré a décrit l’endroit comme « le lieu mémoriel par excellence de la diaspora acadienne dispersée par le Grand Dérangement, dans la seconde moitié du xviiie siècle. Son paysage de polders et ses vestiges archéologiques témoignent d’une culture de pionniers ayant su créer leur propre territoire tout en vivant en harmonie avec le peuple autochtone des Mi’kmaqs ».

Selon le Comité du patrimoine mondial, les terres de Grand-Pré témoignent aussi de façon unique des techniques traditionnelles de digues, d’aboiteaux et de drainage développés par les Acadiens dans l’une des régions côtières qui connaissent les plus fortes marées au monde. L’histoire de la cohabitation harmonieuse des Acadiens avec le peuple autochtone des Micmacs ainsi que les vestiges sauvés de cette époque, grâce à la protection qui leur est accordée, ont contribué à convaincre les experts du patrimoine mondial de la qualité universelle du site historique.

C’est en janvier 2011 que le dossier du site de Grand-Pré a été soumis aux experts d’ICOMOS international, mais les parties impliquées dans la préparation de la mise en candidature, dont Parcs Canada et les partenaires municipaux et provinciaux, planchent sur ce dossier depuis 2007. Selon Christophe Rivet, responsable du projet de nomination de Grand-Pré pour Parcs Canada, la pertinence d’intégrer le site au patrimoine mondial dépasse de loin l’importance qu’a eue la déportation de 1755 sur l’histoire des Acadiens. « Il s’agit d’un site beaucoup plus large que le seul lieu mémoriel de la déportation, s’étendant sur plus de 4000 acres de terres dont l’usage agricole persiste encore aujourd’hui. Cela en fait un paysage culturel vivant. Les vestiges des différentes périodes en font un lieu qui témoigne de plusieurs facettes de l’identité acadienne », avait affirmé M. Rivet le 19 juin dernier.

La Société de promotion Grand-Pré assure déjà la mise en valeur d’une petite partie du site, notamment celle englobant l’église-souvenir reconstruite en 1922 et la croix érigée en 1924 pour commémorer le Grand Dérangement, lors duquel plus de 10 000 Acadiens ont été déportés et dépouillés de leurs terres. Environ 93 % des terres visées par la protection de la Convention sur le patrimoine mondial sont des propriétés privées, a affirmé hier le porte-parole de Parcs Canada.

Par ailleurs, les délégués étaient aussi appelés à se pencher de façon urgente sur l’inclusion au patrimoine mondial des sites des peintures de la grotte de Chauvet-Pont d’Arc, en France, et de l’église de la nativité et de la route des pèlerins de Bethléem, présentées par la Palestine, qui a intégré l’UNESCO l’automne dernier. On prévoit à ce chapitre un intense ballet diplomatique, compte tenu de la forte opposition qu’avait soulevée à l’époque auprès de plusieurs pays membres l’intégration de l’État palestinien au sein de l’organisme mondial.
10 commentaires
  • Jean Boucher - Inscrit 30 juin 2012 16 h 54

    Beaucoup mieux

    Si le Parlement britannique et la royauté anglaise demandaient enfin pardon pour cette dispersion inhumaine des Acadiens ce serait beaucoup mieux.

    • Fernand Lachaine - Inscrit 1 juillet 2012 06 h 53

      En fait c'était une rélle tentative de génocide du peuple Acadien par les britanniques communément appelé le "grand dérangement".....

    • Gilles Thériault - Abonné 1 juillet 2012 08 h 40

      Tout à fait!

  • Françoise Breault - Abonnée 30 juin 2012 17 h 58

    Nos ancêtres ne seront pas oubliés...

    Reconnaissance importante qui va permettre que tant de souffrances vécues ne soient jamais ouliées.

    A ce sujet, lire le roman historique de René Verville: Le saule de Grand-Pré. Très émouvant.

  • Yves Côté - Abonné 1 juillet 2012 00 h 19

    C'est vrai que c'est mieux ...

    Un site classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité, c'est vrai que c'est mieux pour pleurer ...
    Moi ce que je veux, c'est qu'il ne soit jamais nécessaire de classer ainsi le Québec parce que celui-ci sera devenu avant le fort et le refuge rendu invulnérable du français en Amérique . Et de ces francophones d'Amérique qui ne cesse d'assister au rétrécissement de leurs espaces de vie dans leur langue .
    Moi ce que je veux, c'est que tous puissent sourire de vivre en français au Québec en n'oubliant jamais qu'ailleurs on a fait payer chèrement à nos soeurs et frères le fait d'avoir été simplement chez eux .

    Vive le Québec libre et véritable protecteur ultime de la langue française en Amérique !

  • Gilles Bousquet - Abonné 1 juillet 2012 07 h 48

    @ M. Boucher

    Est-ce que nous avons demandé pardon aux Amérindiens pour les avoir envahis et en avoir tué plusieurs ? Est-ce que ça améliorerait le sort de leurs descendants ?

    Le Pape n'arrête pas de demander pardon pour tous les actes sexuels de ses curés, connus et inconnus. Si l’Angleterre commençait à s’excuser pour toutes leurs conquêtes, elle n’en finirait plus. Les atrocités du temps étaient chose courante et récompensée. Vaudrait mieux oublier le tout sauf pour ceux qui veulent de l'argent comptant.

    Les séparatistes québécois feraient mieux de virer fédéralistes ou, encore mieux, pour une véritable confédération canadienne d'États souverains afin de ne pas mourir frustrés et pompés, en lisant l'histoire pleine de conquêtes et de massacres, où les Français s'y sont amusés aussi bien que les Anglais.

    Les Acadiens sont francophones et fédéralistes, Grand Pré fait partie du Canada, nous sommes des Canadiens-français depuis plus longtemps que les Anglais. Fait que, arrêtons d'avoir peur du Canada et croyons au succès bilingue de notre peuple francophone en Amérique. Nous avons un drapeau blanc et bleu, un blanc et rouge, la fleur de lys et le bleu pour le français, le rouge pour l’anglais et la feuille d’érable pour les de souche.

    Who can ask for anything more ?

    • Jacques Gagné - Inscrit 1 juillet 2012 11 h 38

      Encore une fois vous attibuez au peuple Français ce que les Anglais ont fait aux autochtones. Les Français avaient une bonne relation avec les indiens, c'était une relation égale à égale et même les Français épousaient des indiennes. Ce sont les Anglais qui ont commis les horreurs. En Acadie, ils ont tout détruits juste pour démontrer qui était les maîtres, églises, registres, famille etc. Alors, SVP, si vous voulez faire la leçon, commencé par apprendre la vôtre.

    • Réal Giguère - Inscrit 2 juillet 2012 06 h 15

      De quelle massacre parlez-vous? Les Français n'ont jamais massacré d'Indiens. Et ils n'ont pas pris leur terre non plus.
      "Pendant que les Espagnols exterminaient les Indigènes et que les Anglais les parquaient dans des réserves, les Francais les mariaient" (Parkman)

    • Pierre Rousseau - Abonné 2 juillet 2012 11 h 17

      Messieurs Gagné et Giguère, les Français habitant la Nouvelle-France ont effectivement commis des massacres d'autochtones. Dans le cadre des hostilités avec l'Angleterre, les troupes françaises ont régulièrement attaqué les peuples autochtones alliés des Anglais ou d'autres qui étaient plutôt neutres. Il y a eu plusieurs raids dans la région du lac George dans ce qui est aujourd'hui l'état de New York, en territoire agnier, en particulier en 1693, et en 1697 contre les Onondaga et les Onéida. D'ailleurs ce sont ces hostilités qui ont mené à la grande paix de 1701. Aussi du côté de l'Ohio et la vallée du Mississipi entre autres contre les Renards entre 1712 et 1734 qui ont été sévèrement décimés.

      S'il est vrai que les Français ne se sont pas livrés à autant d'exactions que les Espagnols et les Anglais, c'est d'abord qu'ils devaient composer avec une géographie beaucoup plus hostile que les Espagnols par exemple, et avaient besoin des peuples autochtones pour s'implanter en Amérique. De plus, les Français n'ont jamais eu le nombre suffisant pour faire de l'expansion comme les Anglais des colonies de la Nouvelle-Angleterre. D'ailleurs c'est justement cette expansion des colonies anglaises qui a fini par provoquer la chute de la Nouvelle-France qui n'était pas en mesure d'occuper le territoire ni de le défendre. L'expansion anglaise s'est produite bien après la cession du Canada à l'Angleterre et c'est surtout après la guerre d'indépendance américaine que les populations amérindiennes de ce qu'on appelle maintenant les ÉU ont été déplacées et décimées.

      Les pouvoirs coloniaux sont responsables à divers degrés d'abus contre les populations locales, dont les autochtones, et les Acadiens n'ont pas échappé à cette logique coloniale car ils étaient alors sur la ligne de front de la guerre franco-anglaise. La déportation est effectivement un tragique nettoyage ethnique inexcusable.

  • Éric Turenne - Inscrit 2 juillet 2012 19 h 20

    Poudre aux Yeux

    Harper et ces conservateurs se sont acheter un titre voila tout.
    En cet année de "Jubilation".