Communautés ouvertes sur le monde - « La culture teinte fortement la personnalité d’une collectivité »

Thierry Haroun Collaboration spéciale
Le centre culturel de Rimouski
Photo: Julie Lévesque Le centre culturel de Rimouski

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

« Communautés ouvertes sur le monde » est le nom de l’atelier auquel le maire de Rimouski, Éric Forest, participera à titre de conférencier, dans le cadre du colloque Les Arts et la Ville qui se tiendra à Rouyn-Noranda, du 16 au 18 mai. Comment définit-il la culture dans toutes ses ébauches ? Que nous offre Rimouski ? Culture et ville vont-elles vraiment de pair ? Et, dans l’affirmative, dans quelle mesure ? Échange.

« La culture teinte fortement la personnalité d’une collectivité. Elle est essentielle pour sa vitalité et sa capacité d’attraction. Une collectivité se distingue par sa culture. Et il est clair et net pour moi que, si une municipalité est aux prises avec une dévitalisation à l’échelle culturelle, elle se dirigera irrémédiablement vers une dévitalisation économique au cours des années qui suivront. » Tel est le premier message que le maire Éric Forest lance sur la place publique en ce qui a trait au poids que doit prendre la culture au sein de la gouvernance municipale.


Soit, mais comment définit-on la culture ? « Il faut la voir au sens large du terme, à mon avis. En cela, elle prend plusieurs formes, nommément par l’entremise de l’expression artistique sous toutes ses formes et par les valeurs qu’elle porte. » Maintenant, ajoute le maire de la capitale culturelle et économique du Bas-Saint-Laurent, « la base de notre culture prend racine dans l’offre de services qui donne l’occasion à des jeunes et à des moins jeunes, ainsi qu’aux personnes âgées, de pouvoir avoir des occasions d’exprimer leurs talents, que ce soit en théâtre, en chanson, en danse ou encore au sein d’un orchestre, par exemple. »

 

Que faire à Rimouski


Et à Rimouski, l’offre culturelle brosse large, très large, pour peu qu’on ait fréquenté cette municipalité qui fait corps avec la mer. « Écoutez, ici à Rimouski, on a deux orchestres, un choeur de chambre et une panoplie de festivals », souligne avec empressement le maire Forest, qui est également le président de l’Union des municipalités du Québec. On décline l’essentiel de cette offre dont parle M. Forest. Il y a le Carrousel international du film (qui a pour objectif de promouvoir le cinéma auprès des jeunes), le Festi Jazz, le Salon du livre de Rimouski (le plus ancien salon du livre au Québec), le festival de musique Les Grandes Fêtes du Saint-Laurent (qui prend du galon avec les ans), les concerts aux îles du Bic, le Théâtre du Bic (un passage obligé depuis son inauguration en 1989) et l’incontournable coopérative de solidarité appelée Le paradis.


Cette coopérative, qui regroupe plusieurs organismes culturels et artistiques, est un espace de travail, de diffusion et de création artistiques ayant pour mandat de soutenir l’ensemble de la communauté culturelle en rendant ses lieux accessibles à tous. Quoi d’autre ? Le Choeur de chambre de Rimouski (un ensemble vocal qui réunit une trentaine de choristes amateurs de la grande région rimouskoise), l’École de musique du Bas-Saint-Laurent (qui accueille entre 550 et 600 élèves de tout âge chaque année), la salle de spectacle (qui comprend 919 places), inaugurée en août 2005 après des années de débats, le conservatoire de musique et le Musée régional de Rimouski.


Ce musée loge dans l’enceinte de la plus ancienne église de pierre de l’Est du Québec. Sa programmation d’expositions en art contemporain, en histoire de la collectivité et en sciences et technologies de la région bas-laurentienne procure à la population un lieu de découvertes dans un contexte éducatif et créatif. Bien implanté dans son milieu, il offre également une multitude d’activités culturelles, comme des conférences de vulgarisation scientifique, des soirées de diffusion de vidéos et de films d’art, des ateliers d’arts plastiques, des visites guidées ou encore des soirées d’analyse d’oeuvres d’art.


Que dira le maire ?


Lors de son allocution, Éric Forest compte bien faire comprendre « qu’il faut que nous, comme élus, prenions conscience que, demain matin, il y aura une concurrence très vive entre chacune de nos collectivités afin d’attirer de nouvelles familles ». Et le fait d’attirer de nouvelles familles sur leur territoire respectif, dont parle M. Forest, un enjeu propre aux régions situées loin des grands centres, signifie pour les municipalités d’être en mesure de dispenser une offre culturelle et de loisirs qui se démarque et qui réponde aux aspirations ainsi qu’aux valeurs des citoyens, laisse-t-il entendre. « L’expérience de vie est un ingrédient majeur à considérer, selon moi, pour attirer les familles. » Il conclut en rappelant que « la culture est incontournable pour le développement de nos collectivités ».


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Collaborateur