Musique - «Pour l'ensemble du milieu musical montréalais»

Christophe Huss Collaboration spéciale
Yannick Nézet-Séguin<br />
Photo: Pierre Dury Yannick Nézet-Séguin

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le Conseil des arts de Montréal a tenu à distinguer l'Orchestre métropolitain «pour la passion, l'originalité et la virtuosité de son chef et directeur artistique, Yannick Nézet-Séguin, ainsi que pour la qualité artistique des interprétations inspirées et les valeurs d'accessibilité et d'engagement auprès de la communauté».

Il est logique que cette distinction souligne le travail effectué en 2011-2012, puisque cette saison marque un tournant dans les activités de l'orchestre dirigé par Yannick Nézet-Séguin. En migrant à la Maison symphonique, l'Orchestre métropolitain a augmenté quantitativement son offre de concerts: «Nous avions la possibilité d'augmenter le nombre de concerts et, donc, pour la première fois depuis mon arrivée, j'avais la possibilité de diversifier les programmes», dit Yannick Nézet-Séguin en entrevue au Devoir.

Il poursuit: «C'est en fait une des missions du Métropolitain: faire découvrir le répertoire. Mais, en revenant aux racines, dans les premières années, il faut se souvenir qu'il y avait autant de missions que de personnes qui s'exprimaient à ce sujet. Selon les uns ou les autres, il fallait faire découvrir du répertoire, faire des liens avec d'autres formes d'art, aller vers les jeunes, etc. Ma propre mission était de développer l'orchestre. En six ou sept programmes par saison, nous étions trop limités pour parvenir à tout faire. Donc, nous sommes parvenus à créer des hybrides qui fonctionnaient plus ou moins bien.»

Lors de la saison en cours, augmenter le nombre de programmes à dix par an a permis à Yannick Nézet-Séguin de cibler et distinguer davantage «les concerts pleinement grand répertoire, les concerts de découverte et les concerts plus populaires». Le directeur musical du Métropolitain note qu'«associer le tango et Chavez fait découvrir du répertoire tout en attirant un public différent». Il voit, dans cet élargissement de l'offre, un moyen de «réaliser plus pleinement la mission de l'orchestre».

Le défi des prochaines années sera de consolider la présence de l'orchestre dans les arrondissements: «Le paysage a changé, malheureusement. Il y a de moins en moins d'arrondissements qui ont les moyens de se permettre d'avoir l'orchestre. Par contre, pour certains arrondissements — et je peux citer Verdun en exemple — le succès est de plus en plus grand. À Verdun, l'arrondissement cherche à faire des liens avec les commerçants, les associations caritatives... Ce que le Métropolitain devra faire désormais, c'est de prendre un leadership dans les arrondissements qui fonctionnent moins bien, afin de montrer la voie.»

Yannick Nézet-Séguin note que si le Métropolitain va rencontrer son public, c'est aussi pour que ce public, ensuite, se déplace davantage au centre-ville: «Nous ne travaillons pas que pour nous; nous oeuvrons pour l'ensemble du milieu musical montréalais. Cet effet est difficile à mesurer.»

Yannick Nézet-Séguin et l'Orchestre métropolitain viennent de rendre publique leur prochaine saison. Outre les symphonies de Mahler, de Bruckner et de Dvorak proposées dans les concerts du directeur musical, Simon Leclerc dirigera des oeuvres emblématiques du cinéma, Jean-François Rivest, le nectar de la musique américaine, Mathieu Lussier, les Quatre saisons de Vivaldi, et Jean-Michaël Lavoie, un concert avec de jeunes solistes. Cinq chefs québécois en une seule saison à la tête du Métropolitain! Qui l'eût cru, il y a dix ans?

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