Donner son temps, acheter une oeuvre

Rocks in Moonlight de Holly Friesen (18 sur 24 pouces, acrylique et techniques mixtes sur panneau, 2011)<br />
Photo: Source: Holly Friesen Rocks in Moonlight de Holly Friesen (18 sur 24 pouces, acrylique et techniques mixtes sur panneau, 2011)

D'une pierre deux causes, bénévolat et philanthropie. Bénévotemps (en anglais, Timeraiser), cet encan silencieux où l'on paye une œuvre d'art en «misant» des heures de bénévolat, s'amène pour la première fois à Montréal le 12 avril.

L'événement, réalisé avec le Centre d'action bénévole de Montréal (CABM), mettra aux enchères une vingtaine d'oeuvres signées par de jeunes artistes locaux. Les participants pourront miser un maximum de 100 heures. Si une oeuvre cumule plus d'une mise maximale, un tirage au sort décidera du gagnant.

«Ce sont surtout des peintures et des photos réalisées par des artistes émergents, peu connus», explique François Lahaise du CABM.

Les mises devront être honorées dans l'année qui suit au sein d'un des 37 organismes participants, issus des milieux communautaires et culturels. Les bénévoles-philanthropes pourront ensuite récupérer leurs oeuvres.

Celles-ci ont été dévoilées la semaine dernière, et payées aux artistes par l'entremise de partenaires financiers. Un jury, auquel siègent entre autres un conservateur de musée, un artiste et professeur, a sélectionné une vingtaine de pièces sur la centaine d'oeuvres proposées.

Recrutement de bénévoles-philanthropes

C'est donc symboliquement qu'elles seront vendues le 12 avril au Marché Bonsecours. La soirée démarre par un petit cocktail, où les participants rencontrent les représentants des organismes. S'ensuit une heure d'encan silencieux où les participants (inscrits au préalable sur Internet, www.benevotemps.ca) font leurs mises.

«C'est un bel événement pour recruter autrement une nouvelle clientèle de bénévoles», souligne M. Lahaise. La quarantaine d'éditions de Timeraiser a surtout attiré des bénévoles-philanthropes âgés de 35 à 40 ans, qui offrent un bénévolat qui touche leurs compétences professionnelles, une tranche d'âge «pas facile à joindre», indique M. Lahaise.

Timeraiser a démarré en 2006 à Calgary. L'initiative s'est élargie à d'autres grandes villes canadiennes depuis. La neuvième mouture torontoise accueillera 800 participants le 24 mars. Montréal, 10e ville à accueillir l'événement, en espère au moins 200 pour sa première mouture. Le CABM a choisi de prendre part à l'aventure pour souligner son 75e anniversaire.