Spa Bota Bota - Chant de sirène pour la Saint-Valentin

Amarré aux quais du Vieux-Port de Montréal, le Bota Bota offre à ses clients les bienfaits d’un spa, alliés au mouvement berçant du fleuve Saint-Laurent.<br />
Photo: Bota Bota Amarré aux quais du Vieux-Port de Montréal, le Bota Bota offre à ses clients les bienfaits d’un spa, alliés au mouvement berçant du fleuve Saint-Laurent.

On dit de la Saint-Valentin qu'elle fut instituée par les chrétiens pour contrer la fête païenne Lupercalia, dédiée à la fertilité. Jusqu'alors, ce jour-là, raconte-t-on encore aujourd'hui, des hommes à moitié nus poursuivaient les femmes et les frappaient avec des lanières de peau de bouc. Les coups de lanière reçus devaient assurer aux femmes d'être fécondes et d'avoir une grossesse heureuse.

On y tenait aussi une sorte de loterie de l'amour qui consistait à tirer au hasard les noms des filles et des garçons inscrits de façon à former des couples pour le reste de l'année.

Pour sa part, Valentin, longtemps avant sa canonisation, était un prêtre romain qui avait persisté à célébrer des mariages en secret, malgré l'interdiction de l'empereur Claude II qui les avait bannis pour encourager le recrutement de soldats dans l'armée.

Aujourd'hui, au splendide Bota Bota, le spa bateau amarré dans le Vieux-Port de Montréal, les tourtereaux de la Saint-Valentin sont invités à se soumettre à de tout autres rites. Après la chaleur intense du sauna sec avec une vue inégalée sur le Vieux-Montréal ou du bain turc parfumé aux essences subtiles, ils sont tenus de se plonger jusqu'aux yeux dans un petit bain d'eau glacée. Ensuite, après un moment de détente, on les invite à sortir dehors, en plein février, pour se glisser dans le bain tourbillon bouillant, avec, au choix, une vue sur le fleuve ou sur la vieille ville.

Ne serait-ce que pour le plaisir de l'oeil, pour qui aime Montréal, une visite au Bota Bota est une expérience unique. Mais depuis l'automne, la direction du spa a aussi ajouté quelques cordes à son arc: le soin signature. On peut, en solo ou en couple, s'offrir une sorte de concert intime sous les doigts d'un harpiste en même temps qu'un massage qui vous remet d'aplomb de pied en cap.

L'idée vient à l'origine de la harpiste Annabelle Renzo, avec qui la propriétaire du Bota Bota, Nathalie Émond, avait suivi une formation en massage. L'idée d'Annabelle Renzo était déjà de faire du massage une expérience à la fois musicale et physique.

En fait, le massage offert au Bota Bota est presque une chorégraphie. Loin de se contenter de masser au son de la musique, le massothérapeute, Danik Tremblay en l'occurrence, en épouse le rythme, fait presque danser le client sur la table. Parfait pour se sentir léger sans se forcer ni se soucier de l'impitoyable gravité des corps.

Natalie Émond dit avoir choisi la harpe entre autres parce que le son évoque pour elle le chant d'une sirène. Les massages du Bota Bota sont le fruit d'une collaboration entre harpiste et massothérapeute. La première a composé un extrait de musique, les massothérapeutes ont conçu un bout de massage, et ainsi de suite. On peut aussi se faire masser sur une bande enregistrée, et la trame sonore, de Vincent Cardinal, compte également des percussions.

«On ne voulait pas que ce soit trop boum-boum, mais on voulait que ce soit vivant, raconte Mme Émond. En tout cas, dit Danik Tremblay, cela change des trames sonores standardisées pour massage avec fond de chute d'eau et de chants d'oiseaux, qui donnent invariablement au client l'envie d'aller faire pipi en plein milieu du massage!»

Une expérience sensorielle hors normes, donc, à laquelle, pour la Saint-Valentin, le Bota Bota a ajouté pour les gourmands une table de chef, celle d'Éric Gonzalez de l'auberge Saint-Gabriel.