Gomery veut l’adhésion obligatoire des médias au Conseil de presse

Le président du Conseil de presse, John Gomery.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hugues Le président du Conseil de presse, John Gomery.

Le président du Conseil de presse, John Gomery, demande au gouvernement du Québec d’adopter une loi pour contraindre les médias à adhérer à ce tribunal d’honneur de la profession.

Le Conseil de presse a comparu aujourd'hui, à Montréal, devant la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, à l’occasion de la consultation qu’elle mène sur l’avenir de l’information au Québec.

Le Conseil de presse reçoit les plaintes du public. Il s’agit d’un système d’autorégulation, mais à adhésion volontaire.

Actuellement, plusieurs médias sont membres du Conseil de presse, mais Quebecor s’en est retiré et d’autres n’en font pas partie.

Cela pose problème puisqu’ainsi, le Conseil de presse ne supervise pas 40 % de l’information reçue par les Québécois, a déploré le secrétaire général du Conseil de presse, Guy Amyot. Les médias doivent être imputables, a-t-il plaidé.

L’ex-juge Gomery a toutefois prévenu la ministre St-Pierre qu’il y aurait probablement une contestation devant les tribunaux si elle devait suivre cette recommandation.

Gesca

La question du statut de journaliste professionnel, qui était au coeur des échanges vendredi, lors de la première journée de consultation à Montréal, a été ramenée sur la table par le président et éditeur de La Presse et président de Gesca, Guy Crevier.

«On fait fausse route en voulant faire intervenir l’État par le biais d’une loi pour légiférer sur le statut de journaliste professionnel. De façon traditionnelle, les médias sont un chien de garde dans la société. Il paraît essentiel que dans une saine démocratie, il y ait une séparation très nette entre l’État et les médias. Il y a un risque d’ouvrir une porte», a prévenu M. Crevier.

«Je ne crois pas qu’aujourd’hui, le débat soit vraiment sur la qualité de l’information, la diversité des sources, et même le statut de journaliste. Il y a une explosion de sources d’information, de modes de distribution. Notre défi principal aujourd’hui, c’est la pérennité des médias traditionnels, ce sont les changements dans les modèles d’affaires», a-t-il plaidé.

Le virage qu’il faut plutôt mener, selon lui, est celui des plateformes numériques. «C’est ce qui va garantir l’avenir, à mon point de vue, et c’est ce qui va garantir que les jeunes vont continuer à consommer des médias francophones. Si on ne joue pas notre rôle sur ces plateformes numériques-là, les jeunes vont aller consommer des produits essentiellement anglophones et américains», a prévenu le président de Gesca.

Il a par ailleurs exprimé sa foi dans le Conseil de presse, auquel Gesca adhère et paie plus que sa part, selon lui.

La tournée de consultation de la ministre St-Pierre se déroulera jusqu’au 16 décembre. La ministre annoncera subséquemment les suites qu’elle entend donner aux suggestions entendues.




À voir en vidéo