Zone d'écriture à Radio-Canada

Zone d'écriture? Sis sur le site Internet de Radio-Canada, voilà un tout nouveau magazine électronique dédié à l'écriture, professionnelle comme amateur. Annoncée comme «un espace consacré aux écrivains et à l'écriture», la Zone d'écriture de Radio-Canada propose des défis de composition aux plumitifs amateurs, des anecdotes et conseils par les chevronnés ou des micronouvelles inédites.

Se faufilant entre les critiques de ce que devrait être pour la littérature le média de nos impôts, le site Zone d'écriture a été discrètement lancé le 22 août dernier, en même temps que son jumeau anglophone, Canada Writes, sur CBC. L'auteure de Soudain le Minotaure (Tryptique), Marie-Hélène Poitras, après avoir oeuvré comme chef de pupitre à l'hebdomadaire Voir, est désormais éditrice de cette nouvelle zone.

«Il n'y avait au départ que le site d'information des Prix littéraires Radio-Canada, explique Mme Poitras en entrevue téléphonique, un site qui s'est mis à proposer, en dehors du concours, des défis d'écriture. On s'est rendu compte que les gens en étaient gourmands, qu'ils aimaient se faire aller la plume. On a donc pensé cette Zone, basée sur l'écriture, pas la lecture. Car ce n'est surtout pas un club de lecture.»

On y trouve pourtant de quoi lire, avec les séries de micronouvelles inédites. «La première s'appelle Histoire d'édition. J'ai demandé à dix auteurs et dix éditeurs de nous faire des confidences sur l'histoire des manuscrits.» Vendredi, l'éditrice et directrice littéraire Geneviève Thibault y signait un «Petit précis de conduite éditoriale à l'usage de l'écrivain débutant». Mylène Bouchard, des éditions La Peuplade, parle par ailleurs de la réalité et de la difficulté de mener une maison en région. Les suggestions de lecture de René Homier Roy y sont, et bientôt on y lira des contes inédits d'Élise Turcotte, Kim Thuy ou René-Daniel Dubois. Sous le volet écriture, des défis, petits exercices d'écriture à contrainte, sont proposés. Le dernier en règle était... la composition d'une notice biographique d'auteur. «Pour l'instant, précise Marie-Hélène Poitras, il y a de nouvelles entrées chaque jour.» Le budget du site, encore pensé comme un test, permet de voir venir jusqu'en février. «À une époque, rappelle l'éditrice, Radio-Canada faisait écrire les auteurs en leur commandant des dramatiques. C'est ce qu'on ramène, d'une autre façon, en forme courte, pour le Web.» Marie-Hélène Poitras espère aussi instaurer un lien avec Canada Writes afin de présenter côté français un auteur contemporain anglophone, et vice-versa. «On ne les connaît vraiment pas beaucoup, finalement, les auteurs canadiens; on aimerait, avec Jennifer Warren [éditrice du site anglais], les découvrir, faire au moins un petit pont.»

On y trouve pourtant de quoi lire, avec les séries de micronouvelles inédites. «La première s'appelle Histoire d'édition. J'ai demandé à dix auteurs et dix éditeurs de nous faire des confidences sur l'histoire des manuscrits.» Vendredi, l'éditrice et directrice littéraire Geneviève Thibault y signait un «Petit précis de conduite éditoriale à l'usage de l'écrivain débutant». Mylène Bouchard, des éditions La Peuplade, parle par ailleurs de la réalité et de la difficulté de mener une maison en région. Les suggestions de lecture de René Homier Roy y sont, et bientôt on y lira des contes inédits d'Élise Turcotte, Kim Thuy ou René-Daniel Dubois. Sous le volet écriture, des défis, petits exercices d'écriture à contrainte, sont proposés. Le dernier en règle était... la composition d'une notice biographique d'auteur. «Pour l'instant, précise Marie-Hélène Poitras, il y a de nouvelles entrées chaque jour.» Le budget du site, encore pensé comme un test, permet de voir venir jusqu'en février. «À une époque, rappelle l'éditrice, Radio-Canada faisait écrire les auteurs en leur commandant des dramatiques. C'est ce qu'on ramène, d'une autre façon, en forme courte, pour le Web.» Marie-Hélène Poitras espère aussi instaurer un lien avec Canada Writes afin de présenter côté français un auteur contemporain anglophone, et vice-versa. «On ne les connaît vraiment pas beaucoup, finalement, les auteurs canadiens; on aimerait, avec Jennifer Warren [éditrice du site anglais], les découvrir, faire au moins un petit pont.»

Bien sûr, la toute jeune Zone d'écriture manque encore de substance. Elle a à ce jour une tendance lourde aux conseils systématiques d'écriture. On peut questionner le potentiel des fictions Web — la condamnation au format très court (parfois une seule ligne) ou court, l'importance du visuel, la concentration réduite du lecteur Web, etc. —, sachant toutefois que ces questions ont également le potentiel d'être de stimulantes contraintes d'écriture. Chose certaine, tant que Zone d'écriture ne sert pas à justifier moins de contenu littéraire à la radio ou la télé de Radio-Canada, l'initiative est heureuse. Et l'éditrice a le crâne fourmillant d'idées. Pourquoi pas de la twittérature? De l'actualité littéraire? Une correspondance entre auteurs anglos et francos? À suivre, donc.