CIRCA en première mondiale à la Tohu - Mises à nu acrobatiques dans un cabinet de curiosités

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Photo: CIRCA 2010 Wunderkammer n’échappe pas à cette signature propre à CIRCA où les sens campent au-devant de la scène.

Ils viennent de loin, des terres australes, colportant dans leurs malles un étrange cabinet de curiosités, peuplé d'acrobaties en mode mineur et d'émotions crues servies à fleur de peau.

La troupe australienne CIRCA a l'intime privilège de lancer le grand bal du festival Montréal complètement cirque (MCC), qui insufflera à compter du 7 juillet une fièvre circassienne à la métropole, depuis le Quartier des spectacles à Saint-Michel, en passant par le Plateau Mont-Royal, Montréal-Nord et Verdun. Le premier coup de semonce sera donné à la Tohu par la compagnie australienne CIRCA et son intrigant Wunderkammer.

Invitée sur la piste de la Tohu en 2008 dans By the Light of the Stars That Are No Longer..., la troupe australienne avait séduit avec son style éclectique, minimaliste, mais puissamment exigeant où la performance se dissimule derrière le menu détail, la lenteur et la complexité du geste. Sorte de cirque-vérité, CIRCA expose le corps dans toute sa vulnérabilité, et les acrobates, plus que de simples performers, s'y présentent écorchés vifs.

«Wunderkammer prend la forme d'un cabaret contemporain, inspiré du burlesque dans la forme. Je voulais garder la texture du burlesque et son inspiration, tout en lui insufflant l'énergie et le dynamisme de l'acrobatique», soutient Yaron Lifschitz, directeur artistique de CIRCA.

Moins sombre que By the Light of the Stars..., un spectacle écrit alors que Lifschitz vivait le deuil d'une soeur décédée avant l'heure, Wunderkammer — qui signifie Chambre des merveilles — brille, pétille d'une énergie extrovertie que n'explorait pas la production précédente de CIRCA, selon le metteur en scène.

Oeuvre finement ciselée, le dernier opus de Lifschitz évoque les cabinets de curiosités, ces lieux remplis d'objets insolites qui suscitent des réactions les plus imprévisibles. Des objets appelés à la métamorphose, et à dévoiler leur nature multiple tout au cours de la performance.

Sur des fugues de Bach, en mode classique, en version punk-rock ou tango, Wunderkammer se présente comme un spectacle multicouche, qui sollicite l'oeil du spectateur en divers points de la scène, décuplant les détails dans l'architecture des numéros. «Ce sera au spectateur de choisir là où il veut porter son regard et de découvrir ce qu'il veut», affirme Lifschitz.

By the Light of the Stars... était porteuse d'une forte tension sexuelle. Hommes et femmes s'emmêlaient dans de sensuels combats physiques, talons aiguilles inscrits dans les chairs. Wunder-kammer n'échappe pas à cette signature propre à CIRCA où les sens campent au-devant de la scène.

«Je veux aller au-delà du burlesque et de la notion de striptease, car le striptease en soi est bête s'il ne veut rien dire. La mise à nu à laquelle s'adonnent les interprètes est une métaphore de la transformation qu'ils subissent tout au long du spectacle pour se révéler au public», soutient Lifschitz.

Bref, un curieux cabinet à découvrir, petit à petit, au détour d'un intrigant parcours circassien.
1 commentaire
  • Ante circus - Inscrit 5 juillet 2011 09 h 46

    Montréal est un cirque!

    Le maire de Montréal aura beau bouder la visite du couple princier, tant que la magie des arts du cirque opérera, la Ville demeurera un haut lieu d’attraction estivale. C’est d’ailleurs la seule chose que j’envie aux Montréalais, leur proximité avec les chapiteaux. Longue vie aux rois du cirque qui viennent de partout dans le monde.