Et ce sera la traversée du Québec...

Normand Thériault Collaboration spéciale
La foule pendant le spectacle des Black Eyed Peas au Festival d’été de Québec<br />
Photo: Agence Reuters La foule pendant le spectacle des Black Eyed Peas au Festival d’été de Québec

Ce texte fait partie du cahier spécial Festivals été 2011

Québec, le temps du froid et des grisailles terminé, est une terre accueillante. Et elle offre plus que de simples lieux de détente. Et qui prend la route sait qu'il y aura occasions multiples de briser la monotonie du quotidien en s'offrant moult découvertes. À vous de vous offrir une chance, celle que les départs laissent entrevoir.

Sur la route, titrait Jack Kerouac en ces années 50 où il racontait sa traversée de l'Amérique: un livre devenu un incontournable pour plus d'une génération. «On the road, again», chante toujours l'infatigable Willie Nelson, dont la voix et la guitare célèbrent la liberté rencontrée lors de la fréquentation des vastes espaces.

Et, ici, une fois l'an, on nous dit qu'il faut «avoir le goût du Québec». Pour plus d'une et d'un, cela se limitera à une sortie de la maison et d'un quar tier pour entreprendre un parcours qui dif fère d'un autre, quotidien, qui mène normalement soit au lieu de travail, soit aux habituels commerces et autres lieux de consommation. Alors, ils deviennent ce public qui fait qu'au Québec les festivals, qu'ils soient consacrés à la chanson, au jazz, au rire, voire à la danse ou au théâtre, ces festivals sont devenus des entreprises à succès.

Quant aux plus audacieux, ils et elles prendront la route des vacances. Et l'automobile alors — car ici la culture du train est mal nourrie — devient un moyen donné pour découvrir le paysage québécois: si les Européens viennent de loin pour se confronter à la nature, il n'est que justice que le bitume soit aussi utilisé par ceux et celles dont les impôts permettent un état de permanence dans l'univers des grands chantiers routiers.

Entre lacs et plaines

Des lacs, oui. Des forêts et des paysages, certes. Pourtant, il y a plus, car le Québec n'est plus cette ter re désolée que la création et l'art semblaient bouder. Les mélomanes se rendent donc en Lanaudière, peuvent poursuivre jusque dans les Hautes-Laurentides et poussent aussi une pointe jusqu'à Saint-Irénée: le Domaine Forget a la chance de vivre dans l'éclat du grand fleuve.

Et sur ces routes, des musées les attendent: la Société des musées québécois ne fait-elle point cette année la promotion des musées maritimes? Et des rendez-vous inhabituels aussi sont proposés: qui ira voir les estampes qui, aux deux ans, trouvent cimaises à Trois-Rivières? Mais, bien sûr, les grands centres urbains sont de forts rivaux des régions dites de paysage: la seule montréalaise place des Festivals fait, des mois durant, débouler en succession des programmations multiples. Et les autochtones obtiennent la scène en août, après que la musique fait vibrer cette même place dès juin. Et Québec remet en mémoire que ses Plaines ne sont pas qu'un déambulatoire avec vues, belles, il faut le dire, sur le fleuve.

L'été des festivals est arrivé. À vous de mettre votre Willie, à moins que ce ne soit la voix d'une Québécoise ou d'un Québécois chantant, dans votre lecteur de CD ou encore de cassettes, et de vous inscrire, pour la connaissance et le plaisir, dans le monde des images changeantes: sur la route ou on the road, aux temps bénis des vacances.