Masqu'Alors ! - Saint-Camille est «le» village masqué

Anne-Laure Jeanson Collaboration spéciale
Une scène du Voyage de Pénazar, de la compagnie L’Entreprise
Photo: Christophe Raynaud Delage Une scène du Voyage de Pénazar, de la compagnie L’Entreprise

Ce texte fait partie du cahier spécial Festivals été 2011

Saint-Camille, petit village de l'Estrie surnommé «village-monde» par Le Monde diplomatique en 2006, tient son deuxième Festival international du masque, du 26 mai au 5 juin. Monté de toutes pièces par cinq bénévoles, le festival Masqu'Alors ! a lieu tous les deux ans dans cette localité de 470 âmes, située à 40 km au nord de Sherbrooke.

Pendant onze jours, l'art du masque est exploré à travers les genres, le temps et les cultures. «Le masque oblige l'acteur à travailler avec son corps, parce qu'avec un masque plein il n'a plus accès à la parole. Ça amène un jeu beaucoup plus profond», selon l'instigatrice du projet, Hildegund Janzig, établie depuis 15 ans à Saint-Camille.

Au total, six spectacles belge, français, suédois, indien, ontarien, québécois, six conférences, deux levers de rideau (courte-forme) et deux ateliers sont présentés. Sans compter le bal masqué et le défilé dans les rues qui clôturent les festivités.

«On est dans un petit village, on veut que les gens se sentent vraiment intégrés pour que ce soit la fête pour tout le monde», dit Mme Janzig. Le samedi 4 juin, un atelier de fabrication de masques sera ouvert à tous.

De la France au Mali


Les parrains de l'édition 2011 sont des artistes français, François Cervantes et Catherine Germain, fondateurs de la compagnie L'Entreprise, établie à Marseille. «Lorsqu'on leur a dit que nous étions dans un village perdu, avec des salles peu équipées, ils sont tombés sous le charme», se souvient Mme Janzig. Leur dernière production, Le Voyage de Pénazar, raconte l'histoire d'un masque et sera présentée le 28 mai à l'église de Saint-Camille.

La compagnie belge Les Daltoniens interprétera TAG, du beat-box ou percussion vocale, le 2 juin. Le micro est placé à l'intérieur des grands masques blancs. «C'est un monde complètement différent qui va beaucoup plaire aux adolescents», poursuit-elle.

Il y aura de la danse baroque masquée à la chapelle Saint-Antoine, le 29 mai. L'artiste québécoise Marie-Nathalie Lacoursière sera accompagnée du claveciniste Olivier Fortin. La même journée, un danseur de kathakali, Michel Tremblay, incarnera cette danse-théâtre venue du sud de l'Inde, au Centre culturel Le P'tit Bonheur. Le matin, il donnera une conférence-café-croissant sur l'art du maquillage kathakali.

«On essaie de représenter une variété de styles — du traditionnel au contemporain — et on fait venir des spectacles de presque tous les continents», déclare Mme Janzig.

Le 30 mai, les festivaliers découvriront les masques de Dégnékoro, une région du Mali avec laquelle est jumelée Saint-Camille, en compagnie de Moussa Diabaté, costumier au Centre national de la cinématographie du Mali. «Il y a un côté très égoïste dans ce qu'on fait, parce qu'on veut voir de beaux spectacles sans toujours aller à Montréal pour les voir», ajoute l'organisatrice en riant.

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Collaboratrice du Devoir

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