De Trois-Rivières à Portneuf - D'estampe et d'autres lins

Jérôme Delgado Collaboration spéciale
L’Hommage à Louis Jobin, sculpteur, de Thérèse Chabot, faisait partie de la Biennale internationale du lin de Portneuf présentée l’été dernier.
Photo: Michel Dubreuil L’Hommage à Louis Jobin, sculpteur, de Thérèse Chabot, faisait partie de la Biennale internationale du lin de Portneuf présentée l’été dernier.

Ce texte fait partie du cahier spécial Festivals été 2011

Entre Trois-Rivières et la région de Portneuf, il n'y a finalement qu'un tout petit tour de machine à faire. Cinquante minutes séparent la capitale de la Mauricie du village de Deschambault, en bordure du fleuve Saint-Laurent. Une distance tout à fait raisonnable, cet été, pour ceux qui veulent profiter de l'art pour voir du pays. Destinations: la Biennale internationale de l'estampe contemporaine de Trois-Rivières, du 19 juin au 4 septembre, et la Biennale internationale du lin de Portneuf, du 25 juin au 2 octobre.

Avec sa cinquantaine d'artistes en provenance de 23 pays, la Biennale internationale de l'estampe contemporaine (BIEC) de Trois-Rivières demeure sans doute, encore une fois, une des manifestations en art les plus imposantes. Une des plus éclectiques aussi. En estampe, ce ne sont pas les genres qui manquent.

La sixième BIEC, comme toutes les autres depuis 1999, ne fera pas dans la retenue. L'idée est la même: promouvoir l'estampe contemporaine dans toutes ses formes. La biennale, ce ne sont pas une ou deux expositions, mais bien six. Et le menu comprend aussi des activités invitant le public à y participer, dont un happening-rallye en juillet sur les traces de la courtepointe.

«L'exposition concours», coeur de l'événement, est répartie en quatre lieux, de la maison de la culture à quelques bâtiments historiques, comme la maison Hertel-de-la-Fresnières, dans le Vieux-Trois-Rivières, ou l'ancienne gare, près de l'autoroute 40. Les artistes concourent pour quatre prix.

Le centre de diffusion Presse-Papier, la galerie de l'Université du Québec et le musée Pierre-Boucher, dédié au patrimoine de la région, présentent chacun son expo. Un café-galerie, L'Embuscade, est même de la partie. On lui a confié une sélection d'artistes de la relève.

Un volet de plein air s'ajoute cette année. Et il semble fort alléchant. L'expo Num-errance, dédiée à l'image numérique, prendra la forme d'une promenade sans début ni fin. Elle regroupera huit artistes sur la place de l'Hôtel-de-ville.

Une expo aux sept lieux


À soixante kilomètres de là, dans le très bucolique secteur de Deschambault et de sa voisine Grondines, se tient la Biennale internationale du lin de Portneuf, dont on présente cette année la quatrième édition. Encore là, l'événement se décline en plusieurs expos (sept en tout), disséminées dans des lieux au riche passé, d'un vieux presbytère sur le bord du fleuve au moulin à eau du début du XIXe siècle.

Le lin n'est qu'une excuse, un thème identitaire, pour se démarquer du lot des biennales. Les expos, elles, couvrent large, de l'art contemporain aux métiers d'art en passant par le design. Le point commun consiste à revisiter le patrimoine par un regard neuf. Du tourisme culturel, par essence, mais fait avec soin et professionnalisme.

L'expo principale porte cette année sur le potentiel physique et émotif de l'art contemporain. Chapeautée du titre Toucher, à lire dans les deux sens, elle regroupe des artistes de la trempe de Jérôme Fortin, Ed Pien, Caroline Boileau et Guy Laramée. Fait à noter, les artistes choisis par la commissaire Danielle Lord ne travaillent pas de prime abord le textile, mais davantage le papier ou la vidéo. Leurs onze oeuvres s'intégreront soit à l'église, soit au vieux presbytère de Deschambault.

Double moulin


Le moulin de la Chevrotière de Grondines accueillera quatorze créateurs reconnus pour leur pratique dans les métiers d'art, alors que le moulin Marcoux à Pont-Rouge, au nord de l'autoroute 40, recevra une autre expo collective, celle en design. Des installations extérieures sont aussi au programme. Quatre d'entre elles devraient vous amener du côté de Neuville, où les artistes auront travaillé autour du thème du cycle de la vie et des traces du temps. Les oeuvres in situ, réalisées en fonction des lieux occupés, longeront le fleuve dans un secteur visité par les oiseaux migrateurs.

Notez que la plupart des sites de la Biennale du lin seront ouverts sept jours sur sept, alors que, à Trois-Rivières, le lundi est jour de congé. Consultez les sites web avant de vous aventurer: www.biectr.ca et www.biennaledulin.ca.

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Collaborateur du Devoir

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