Symposium de Val-David - Le temps de l'héritage

Jérôme Delgado Collaboration spéciale
Détail de l’affiche du 11e Sym-posium international d’art in situ de Val-David <br />
Photo: Source Symposium de Val-David Détail de l’affiche du 11e Sym-posium international d’art in situ de Val-David

Ce texte fait partie du cahier spécial Festivals été 2011

Ça fait maintenant plus de quinze étés (seize, pour être précis) que les terres de la Fondation Derouin, baptisées Jardins du précambrien, accueillent des artistes issus d'horizons différents, essentiellement des Amériques, pour composer des expositions en pleine forêt.

Après la pause de l'an dernier, le 11e Symposium international d'art in situ de Val-David (du 16 juillet au 10 octobre) remet ça avec un thème qui vient à propos: l'héritage.

Le Legs, titre choisi par le commissaire invité de 2011, Emmanuel Galland, proposera une réflexion sur notre rapport à la terre, sur la relation que les artistes entretiennent avec la matière et avec les matériaux nécessaires pour la création. Galland, artiste, militant culturel et homme au verbe coloré, résume son programme par ces mots: «La dynamique du don et du contre-don est le lien transactionnel principal des oeuvres; dons matériels ou immatériels, sans contreparties escomptées.»

«Les artistes, écrit-il dans les documents promotionnels, partagent plusieurs familiarités, dont une certaine irrévérence face à leur discipline artistique, et dans leurs évocations des maux de la société actuelle dont ils ne s'extraient pas. Tous questionnent d'une façon ou d'une autre la primauté et l'héritage de l'être humain sur terre.»

Selon René Derouin, l'âme du symposium et toujours à la barre comme directeur artistique, cette onzième édition «sera l'événement le plus significatif de nos symposiums depuis 1995». Les sentiers qu'il a développés depuis les débuts, et sur lesquels seront à nouveau disséminés les huit artistes invités, sont empreints de la mémoire des activités passées. L'héritage et la pérennité, pointés par Emmanuel Galland, n'en seront que mieux nourris.

Ils y seront

La sélection du commissaire fait déjà saliver. BGL, le trio de Québec fort en critique et en cynisme, connu pour son travail du bois et pour le recyclage des matériaux, en est la principale tête d'affiche. Jean-Jules Soucy, figure iconoclaste de La Baie, au Saguenay, viendra sûrement égayer le tout avec ses constructions pleines d'humour et de déraison. Autre absurde reconnu, Jean-Denis Boudreau, de Moncton, y sera aussi, ainsi que Terrence Houle, de Calgary, qui mélange et métisse les genres, les disciplines et les coutumes d'hier et d'aujourd'hui. José Luis Torres, l'Argentin de Montmagny, posera naturellement ses ensembles en bois. Cal Lane, d'Halifax, mais établie à New York, recycle des carcasses en métal en des objets qui ne manqueront pas de nous troubler dans le décor paisible du symposium.

Emmanuel Galland a aussi inclus des artistes moins connues, Pascale Girardin, céramiste, et Betsabee Romero, représentante du Mexique et autre touche-à-tout (gravure, photo, peinture) qui dénonce la surconsommation.

Comme lors de chacune de ses éditions, le symposium n'est pas qu'exposition. Conférences et tables rondes sont inscrites au menu. Dès la fin de semaine inaugurale, des spécialistes du legs, tel Dinu Bumbaru, d'Héritage Montréal, sont attendus. Aussi, tout au long de l'été, des rencontres avec les artistes sont prévues. À noter, enfin, que les portes des Jardins du précambrien ouvrent sept jours sur sept, sauf vers la fin alors qu'il ne sera possible de visiter que les samedis et dimanches.

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Collaborateur du Devoir