Plan global - L'Agenda 21 de la culture met les activités culturelles au centre de tout

Valérie R. Carbonneau Collaboration spéciale
Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine: «Les municipalités sont très sensibles au fait que l’aspect culturel de leur ville emmènera beaucoup de gens chez elles…»
Photo: - Le Devoir Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine: «Les municipalités sont très sensibles au fait que l’aspect culturel de leur ville emmènera beaucoup de gens chez elles…»

Ce texte fait partie du cahier spécial Art et villes

Le milieu municipal prendra connaissance à Sainte-Thérèse de l'existence d'un Agenda 21 de la culture. Comment culture, économie, environnement et dimension sociale vont bien ensemble.

Cette année, c'est au tour de Sainte-Thérèse d'accueillir le colloque du réseau Les arts et la ville. Ce réseau, qui rassemble les milieux municipaux et culturels dans le but de promouvoir, de soutenir et de défendre le développement culturel et artistique des municipalités, organisera le 24e événement du genre, intitulé «Liaisons heureuses», qui fera état de la synergie éducation, culture et municipalité et sera un très bon incitatif pour enfin mettre sur pied l'Agenda 21 de la culture pour le Québec, en 2011.

Amorcée il y a quelques mois par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCF), cette démarche vise à interrelier culture et économie, culture et environnement, culture et dimension sociale, et ainsi à assurer un avenir riche en ce sens dans la Belle Province.

Une politique pour tous

«Aujourd'hui, on n'a plus à vendre les bienfaits de la culture», explique d'entrée de jeu la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre. En 2008, les municipalités ont dépensé en tout 630 millions de dollars dans le domaine de la culture, alors que 5,1 % du budget de fonctionnement des municipalités était consacré à la culture, peut-on lire dans un document de statistiques publié en décembre 2010 par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ).

Selon les statistiques du ministère, 86 % des citoyens auraient accès à une politique culturelle. La ministre St-Pierre a d'ailleurs annoncé, au cours du dernier exercice financier de 2010-2011, que 34 ententes avaient été conclues avec 28 municipalités, tandis que 42 ententes ont été signées avec 34 MRC.

Or les gens regroupés autour du colloque de Les Arts et la Ville sont très motivés quant à l'élaboration de l'Agenda 21 de la culture et voient le développement de la culture dans leur milieu comme un facteur attrayant pour la famille, explique la ministre. «Quand vient le temps d'acheter une maison, les gens regardent ce qu'il y a autour, à savoir s'il y a un centre culturel et beaucoup d'activités, par exemple. Et les municipalités sont très sensibles au fait que l'aspect culturel de leur ville emmènera beaucoup de gens chez elles...»

En route vers l'Agenda 21

Le premier «Agenda 21 — pour 21e siècle» — a été adopté au cours du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, en 1992. Sa mission? Valoriser le besoin de mettre au point des politiques respectant la notion de développement durable. L'Agenda 21 de Rio énonce des principes et encourage des actions qui tiennent compte à la fois des limites des ressources écologiques et des besoins des générations à venir.

L'idée d'implanter un cadre de référence de la culture au Québec est née du besoin de favoriser la collaboration de tous les milieux envers la culture pour l'année en cours et les suivantes et ainsi s'assurer qu'elle trouve sa place au sein des politiques publiques et de développement durable.

Pour mener à bien sa démarche vers la mise sur pied de ce projet de société qu'est l'Agenda 21 de la culture, le MCCF s'est doté d'un comité de liaison composé de quatre porteurs rattachés à quatre domaines différents: la culture, l'économie, l'environnement et l'univers social. Il s'agit de Simon Brault, président fondateur de Culture Montréal, Françoise Bertrand, présidente-directrice de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Christian Paire, directeur général du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), et Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David-Suzuki.

En septembre dernier, on a confié à ces quatre personnes la responsabilité d'élaborer des propositions préliminaires pour l'Agenda 21 de la culture pour le Québec.

Le comité de liaison présentera ses conclusions le 30 mai dans un forum national tenu à Québec, sous le titre de «L'avenir de la culture au Québec», proposant un engagement de tous les secteurs de la société afin d'arriver à la formulation de propositions pour cet Agenda 21 de la culture. Quant à la proposition présentée pour adoption finale, elle devrait être lancée officiellement au cours de l'automne, au moment même où le ministère soulignera son 50e anniversaire. La mise en oeuvre de la démarche s'ensuivra.

Un mouvement collectif


Depuis les débuts, et ce, jusqu'au dépôt du projet, les porteurs de vision travaillent en liaison étroite avec huit relayeurs réputés comme des leaders dans leur milieu respectif et provenant de tous horizons. Le rôle de ces derniers consiste à stimuler le dialogue et la collaboration de milieux propices à influencer l'avenir de la culture selon des groupes cibles prédéterminés — les milieux culturel, municipal, des institutions, des chercheurs et des affaires, et auprès des citoyens et des jeunes — avant de transposer ces échanges en propositions à discuter lors du rassemblement prévu le 30 mai.

Parmi les huit relayeurs, on retrouve notamment Jean Fortin, maire de Baie-Saint-Paul et représentant du monde municipal, qui démontre par ses efforts la relation étroite à établir entre développement durable et culture.

On veut aussi accorder entre eux d'autres secteurs, afin qu'ils travaillent à développer une synergie: en santé et en culture notamment, soit en intégrant davantage l'art au service de la guérison ou de l'apaisement des souffrances. Ce dossier intéresse d'abord Christian Paire, de par son rôle au sein du comité et dans le cadre de ses fonctions au quotidien, car il est dirigeant du CHUM.

Alors, quelle est la vision de la culture pour le XXIe siècle? À cela, la ministre répond que la culture doit s'épanouir dans des secteurs où elle ne l'est pas tout à fait encore. «On transforme des églises en bibliothèques et des édifices désaffectés en centres culturels et communautaires, mais on veut aussi que des gens réfléchissent à d'autres idées...»

L'élaboration de ce projet rassembleur de développement durable qu'est l'Agenda 21 de la culture pour le Québec se révèle être la pierre angulaire du plan d'action de développement durable 2009-2013 du MCCF, intitulé «Notre culture au coeur du développement durable».

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Collaboratrice du Devoir

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