Ottawa : capitale culturelle du patrimoine et de l'histoire

Valérie R. Carbonneau Collaboration spéciale
Pannigabluk, Jennie Thomsen et Elvina Storkersen avec leurs enfants, dont deux sont nés durant l’expédition en juillet 1917
Photo: Source Musée canadien des civilisations, photographe John Hadley Pannigabluk, Jennie Thomsen et Elvina Storkersen avec leurs enfants, dont deux sont nés durant l’expédition en juillet 1917

Ce texte fait partie du cahier spécial Été culturel 2011

Bien que souvent boudée par les oiseaux de nuit, la capitale nationale a décidément de quoi attirer les promeneurs une fois le jour levé. Cet été, profitez des vacances pour vous évader en Outaouais: retirez-vous quelques jours au bord d'une des nombreuses étendues d'eau situées à proximité de la ville ou gardez vos journées pour parcourir les musées.

Cette fois, on vous propose deux établissements, l'un québécois, l'autre ontarien: le Musée canadien des civilisations, le plus visité au pays, érigé sur le bord de la rivière des Outaouais, face à la colline du Parlement et à cinq minutes du centre-ville d'Ottawa, et le Musée canadien de la guerre, également reconnu comme le musée national d'histoire militaire du Canada.

Outre leur exposition permanente respective, ces établissements muséaux regorgent d'activités culturelles pour tous les goûts. Pendant que l'un se consacre essentiellement à l'histoire du Canada, des premiers peuples à aujourd'hui, l'autre, qui relate notre histoire militaire, entame tout juste le sixième anniversaire de ses nouvelles installations.

Découvrir l'Arctique

L'Expédition: l'Arctique est à l'affiche au Musée canadien des civilisations jusqu'au 15 avril 2012. Elle se révèle être tout à fait d'actualité, étant donné la question de la souveraineté du Canada sur cette région et celle des changements climatiques qui affectent le Grand Nord.

L'Arctique raconte les horreurs et les tragédies ayant marqué l'exploration canadienne de 1913-1918. Une mission qui a emporté 17 hommes, la plupart morts de froid, de faim ou accidentellement, et qui a rehaussé nos connaissances à la fois sur l'ouest de l'Arctique canadien et les cultures de ses premiers habitants.

En plus de présenter des séquences filmées lors du périple, l'exposition, organisée en collaboration avec le Musée canadien de la nature, renferme plus de 250 artéfacts, dont un grand nombre sont exposés au grand jour pour la première fois. Instruments de travail, fournitures, vêtements et outils fabriqués par les Inuits, du cuivre et même un recueil de fossiles, plantes, mammifères et oiseaux, notamment.

Si le navire amiral de l'expédition, le Karluk, a coulé au large de la côte sibérienne en 1914, des membres survivants ont quand même réussi à rapporter au large des milliers d'artéfacts, documents, esquisses, photos, films et bandes sonores. La plupart du matériel fait aujourd'hui partie de collections nationales appartenant aux deux musées qui signent l'exposition.

Le Japon, d'hier à aujourd'hui

Du 20 mai au 10 octobre, Japon - Tradition. Innovation soulignera, comme son titre l'indique, l'innovation et la tradition ancestrale au Japon. Organisée par le musée en collaboration avec le Musée national de l'histoire japonaise de Sakura, l'exposition dénotera la créativité notoire du Japon en mettant en lumière la résilience et l'esprit d'entrepreneuriat nippons, des aptitudes qui seront mises à contribution pour rebâtir le pays du Soleil levant.

Japon - Tradition. Innovation fera découvrir des réalisations ayant permis au pays de se placer à l'avant-plan du design contemporain. En effet, des réalisations issues de son art, de sa mode et de sa robotique révolutionnaire puisent leurs influences dans des innovations qui remontent souvent au début du XVIIe siècle. Par exemple, les mangas (bandes dessinées) qu'on connaît aujourd'hui jouent un rôle culturel similaire à celui des ukiyo-e, des estampes de gravures sur bois du XXIe siècle, tandis qu'on considère les karakuri ningyo, des poupées mécaniques datant de plus de 200 ans, comme les précurseurs des robots.

Puisqu'il est question de robots, les visiteurs pourront rencontrer ASIMO, le robot de Honda, lors du week-end d'ouverture de l'exposition, à la Grande Galerie. Info: 1-800-555-5621, civilisations.ca.

Entre guerre et médecine

Depuis la guerre de Crimée (1854-1856) jusqu'aux conflits armés qu'on connaît actuellement en Afghanistan et en Iraq, l'exposition Guerre et médecine mettra en perspective les corrélations souvent dramatiques entre la guerre et la pratique médicale à l'échelle mondiale. À l'affiche au Musée canadien de la guerre du 26 mai au 13 novembre.

Guerre et médecine transmet, au-delà des combats, des histoires de survie et de compassion en présentant les récits bouleversants de chirurgiens, d'infirmiers et de médecins de combat, en plus de témoigner des histoires de leurs patients, dont ils tentent de soigner les blessures physiques et psychologiques en terrain de guerre et ailleurs.

L'exposition, développée conjointement par la Wellcome Collection de Londres (Angleterre) et le Deutsches Hygiene Museum de Dresde (Allemagne), a été adaptée pour le public canadien. Présentée en exclusivité nord-américaine, elle rassemble des centaines d'images et d'artéfacts issus des collections mêmes du musée et d'établissements muséaux étrangers, entre autres sources.

Des activités en rafale tout l'été

En juin, on a prévu deux conférences à l'horaire: «Médecine tactique - L'expérience de Paul Franklin en tant qu'infirmier de combat et blessé», le 9 juin, de 19h à 20h30, et «Sans limites - Soutenir le personnel blessé des Forces canadiennes», le 23 juin, à compter de 19h jusqu'à 21h.

D'abord, Paul Franklin, le défenseur des soldats canadiens blessés qui, avant d'être grièvement blessé, a servi comme infirmier de combat dans les Forces canadiennes en Afghanistan, viendra raconter son expérience de soignant et de patient. Le général retraité Lewis Mackenzie et l'équipe de Sans limites — fonds en fiducie des Forces canadiennes ayant été créé afin d'améliorer la qualité de vie des soldats malades et blessés — viendront parler des efforts déployés pour la réhabilitation du personnel blessé des forces. Les soldats à bord de la voiture de Sans limites lors du rallye Targa à Terre-Neuve seront également présents pour partager leur vécu aux côtés de la fameuse voiture.

Du 1er juillet au 10 septembre, une des animations suivantes sera offerte chaque jour: «Médecine des champs de bataille», où on pourra apprendre comment et avec quels outils chirurgicaux on traitait les blessures au XIXe siècle, «La guerre et l'alimentation», à savoir comment les soldats arrivent à se nourrir convenablement et l'évolution des rations militaires depuis 150 ans, dégustation en sus, et l'animation «Corps en mouvement» pour découvrir les différentes technologies et prothèses auxquelles recourent les soldats grièvement blessés pour alléger leur quotidien.

Et, enfin, du 5 au 28 août, l'exposition itinérante de photographies de presse, World Press Photo 11, présentera des images de l'actualité et du quotidien, y compris des photos prises lors de conflits. Info: 1-800-555-5621 ou museedelaguerre.ca.

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Collaboratrice du Devoir

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