Boom Town à la Tohu - À la recherche de la pépite perdue

Malgré les prouesses acrobatiques, le feu brûlant de l’aventure ne contamine pas la salle, et l’âme délinquante manque dans ce Klondike sans trésor.<br />
Photo: Tohu Malgré les prouesses acrobatiques, le feu brûlant de l’aventure ne contamine pas la salle, et l’âme délinquante manque dans ce Klondike sans trésor.

Dans une ville du Far West, toute une équipée débarque, lancée sur la piste de pépites d'or. Belles en crinoline, barbus et cowboys sont au cœur de Boom Town, une production qui déploie toute la ribambelle des archétypes de la ruée vers l'or pour nous servir un cirque façon western sur la piste de la Tohu.

Avec Boom Town, la troupe de Cirque Mechanics en est à sa deuxième visite à Montréal, après le passage de Birdhouse Factory en 2008. La compagnie américaine nous avait alors déballé son attirail de mécanos, devenu la marque de commerce de ce cirque où l'homme et la machine jouent du coude.

Or, dans Boom Town, la mécanique est plus huilée que jamais. Gréements ingénieux, mâts inclinés, trampolines mobiles, trapèze pivotant... Dans ce jeu de mécano géant, deux tenanciers de saloon se disputent la clientèle échevelée des chercheurs d'or et autres personnages de cette histoire à la Lucky Luke sans Dalton.

Jonglerie avec des pioches et des pépites, mâts chinois chevauchés comme des Jolly Jumper, envolées sur les lustres du saloon: le décor dicte tout du long le déroulement du spectacle. Le hic, dans cette ruée vers l'or, c'est qu'on cherche toujours la ruée.

Car malgré les prouesses acrobatiques, le feu brûlant de l'aventure ne contamine pas la salle, et l'âme délinquante manque dans ce Klondike sans trésor. Hormis la clown kleptomane Elena Day, qui sauve la mise avant l'entracte avec son numéro d'ombres chinoises, quelque chose cloche dans cette fable western aux cowboys trop proprets et trop sages. Manque de rythme, manque de folie dans la mise en scène, c'est à se demander si la mine dort. Mauvais soir, peut-être, ou mauvaise mine?

Si le pari est gagné côté mécanique, la troupe de Chris Lashua, dont le Birdhouse Factory était beaucoup plus incarné, gagnerait à écourter cette création qui s'étire sur deux heures, aplanie par une trame sonore sans personnalité. Le spectacle familial rebondit un tantinet après l'entracte, quand les voltiges sur trampoline finissent par insuffler un peu d'adrénaline à cette ruée jusque-là sans éclat. Les fouilles continuent jusqu'au 2 janvier.