Sous le chapiteau - Venus de l'Ouest et. . . de l'Europe

Jérôme Delgado Collaboration spéciale
Le Cirque Mechanics, qui avait présenté <em>Birdhouse Factory</em> à La Tohu il y a deux ans. <br />
Photo: Cirque Mechanics Le Cirque Mechanics, qui avait présenté Birdhouse Factory à La Tohu il y a deux ans.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le cirque sous le sapin? Un cadeau de choix. C'est connu, le phénomène «Cirque du Soleil» a haussé le niveau du spectacle sous chapiteau. En qualité et avec éclat (et en coûts d'entrée, diront les plus coquins). Le point commun désormais à tous les Sept doigts de la main de la terre: l'exploit du corps humain. Exit les animaux, place aux acrobaties toujours plus imaginatives.

Un cadeau de choix, donc, et avec du choix. Entre le Cirque Mechanics et le Festival mondial du cirque de demain, sans oublier le Montréal complètement cirque à venir en juillet, l'emballage peut prendre plusieurs formes.

Le Cirque Mechanics est cette jeune troupe (fondée en 2004) derrière Birdhouse Factory, spectacle qui a enchanté le public de La Tohu, il y a deux ans. Du 15 décembre au 2 janvier, les trapézistes, jongleurs et autre quidams de la piste dirigés par Chris Lashua (un ancien du Cirque du Soleil) reviennent avec leur deuxième spectacle, Boom Town.

Poteaux téléphoniques, lustres suspendus..., les éléments du décor servent encore une fois d'accessoires. Chez le Cirque Mechanics, les mouvements sont associés à des machines. «Non pas que la machine dicte au corps quoi faire, ni le contraire. Les deux s'activent de manière parallèle, comme dans [une balançoire à bascule], où un enfant monte pendant que l'autre descend», dit celui qui a introduit au Cirque du Soleil les acrobaties à l'intérieur d'une grande roue.

«J'essaie de voir comment le corps peut travailler avec les machines, ce que nous pouvons exprimer à partir d'elles», dit-il encore. Le vélo, pour lui le plus simple et le plus flexible des appareils, lui inspire une foule de machines et de mouvements. L'idée de base: «Montrer des corps au travail».

Si Birdhouse Factory plongeait l'action dans une usine digne des années Chaplin, Boom Town nous ramène au XIXe siècle et à ses ruées vers l'or. Pour une histoire de revolvers et de règlements de comptes?

«Non, répond Chris Lashua, joint dans le Midwest américain. On ne fait pas quelque chose de sombre, mais de beau. Pas un wild West show, plutôt une comédie, un spectacle d'aventure sur fond de ruée vers l'or.»

La trame tourne néanmoins autour de deux rivaux, deux propriétaires de saloon. Mais le conflit sera résolu, parce qu'il faut une fin heureuse, dit son auteur et metteur en scène. «Il y a des explosions, mais c'est fait avec humour, comme un cartoon. Comme un Road Runner.»

Cirque de demain


Le Festival mondial du cirque de demain fera aussi sa deuxième apparition à Montréal. À La Tohu, également, mais en février (15 au 27). La version montréalaise de ce festival parisien est un genre de best-of des dernières années. Le directeur artistique, Pascal Jacob, sélectionne dix numéros parmi les meilleurs représentants du cirque d'aujourd'hui — «et donc de demain, j'espère», dit-il au bout du fil. Son tri se fait parmi les lauréats des dernières éditions de ce festival créé en 1977. Lauréats? Le festival est aussi une compétition.

«C'est une compétition dans l'idée de confrontation. Les participants veulent gagner, oui, mais ils se confrontent aussi aux regards des autres», dit cet historien des arts du cirque.

Pascal Jacob s'est soucié d'arriver à un programme équilibré, à la fois quant aux différentes disciplines du cirque et à l'égard de la production de la planète. «Dix pays différents, dix couleurs, avec des choses peu habituelles», énonce-t-il, avant d'évoquer ces acrobates tunisiens spécialistes du mât chinois. «Un rare mariage Orient-Afrique du Nord», dit-il.

Parmi les autres numéros choisis, il cite celui fait avec des sangles aériennes par le Kazakh Darkan, médaille d'or 2010. Ou alors les acrobaties d'une originale paire ukrainienne, où c'est la femme qui porte l'homme. «Non, elle n'est pas plus forte que lui. Pas de charme, sinon. Ils ont le même gabarit et, a priori, elle est plus mince», dit un Jacob très enthousiaste.

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Collaborateur du Devoir