Dépôt de deux pétitions à l'Assemblée nationale - La ministre du Travail n'est pas pressée de moderniser les dispositions antibriseurs de grève

Québec — La ministre du Travail, Lise Thériault, reconnaît que les dispositions actuelles antibriseurs de grève du Code du travail, qui permettent au Journal de Montréal de prospérer après presque deux ans de lockout, sont désuètes, mais elle n'est pas pressée de les moderniser.

«C'est une notion [les dispositions antibriseurs de grève] qui date des années 1970. Nous sommes tous conscients que la réalité du monde du travail d'aujourd'hui ne reflète pas ce que c'était en 1970», a affirmé, hier, Lise Thériault, alors que deux pétitions signées par 12 000 personnes étaient déposées à l'Assemblée nationale pour réclamer une modernisation des dispositions anti-scabs.

Mais lorsque le député de Beauharnois et porte-parole en matière de travail, Guy Leclair, lui a demandé quel était son échéancier et si un projet de loi serait déposé d'ici Noël, la ministre ne s'est guère montrée empressée. «Il faut prendre le temps de faire les choses correctement», s'est-elle contentée de dire.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a trouvé «choquante» la réponse de la ministre. Elle a indiqué qu'il s'agissait «d'une partie très circonscrite» du Code du travail. La centrale, à laquelle est affilié le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM-CSN), ne réclame pas une refonte en profondeur des dispositions antibriseurs de grève. «C'est une question de définitions qu'il faut moderniser», a fait valoir Claudette Carbonneau lors d'une conférence de presse à laquelle participait le président du STIJM-CSN, Raynald Leblanc, et la présidente de la Fédération nationale des communications (FNC), Chantale Larouche.

Adoptées en 1977, les dispositions antibriseurs de grève interdisent à une entreprise en grève ou en lockout de recruter des travailleurs de remplacement (scabs) dans ses établissements. En raison des changements technologiques et de l'émergence du télétravail, cette notion d'établissement est remise en question.

La CSN a indiqué, hier, qu'elle allait intensifier ses appels au boycottage du Journal de Montréal en faisant pression sur les quelque 340 annonceurs du quotidien. Une pétition dont les signataires s'engagent à ne plus acheter ni lire Le Journal de Montréal a recueilli à ce jour plus de 20 000 noms.

Chantale Larouche a rappelé qu'une partie des clauses que le propriétaire du quotidien, Quebecor, veut abolir sont de nature professionnelle. Elles visent à garantir l'indépendance rédactionnelle et la qualité de l'information, ce qui empêche en temps normal «M. Péladeau [de] véhiculer un message politique qui sert les intérêts de son empire», a souligné Chantale Larouche.
2 commentaires
  • MICHEL RAYMOND - Inscrit 26 novembre 2010 12 h 14

    C'est long....C'est long.....C'est long....................................................

    «Il faut prendre le temps de faire les choses correctement», s'est-elle contentée de dire.

    Combien de temps encore cela prendra-t-il pour que ce gouvernement finisse par réagir.Ça fait plus de 21 MOIS que le lock-out au Journal de Montréal perdure,combien de temps à duré celui du Journal de Québec.Depuis tout ce temps ce gouvernement à laissé faire même s'il avoue qu'il faille changer ces normes du travail qui ne sont plus adaptées a la réalité d'aujourd'hui.Quand même drôle,quand les travailleurs de la construction menaçaient de faire la grève notre cher gouvernement s'est démener comme un lion pour éviter qu'il y aie grève ou lock-out,mais c'est vrai qu'on ne peut pas comparer les deux situations d'un côté on a des travailleurs d'un journal et de l'autre une industrie qui contribue fortement au financement du parti libéral.

  • Yves Claudé - Inscrit 26 novembre 2010 19 h 01

    Une autre raison pour se débarrasser au plus vite des "libéraux" !


    Cela fait des années que les "libéraux" au pouvoir ne sont pas pressés de corriger des injustices parmi les plus criantes que subissent les travailleurs.

    La tolérance étonnante d'un pouvoir politique provincial (dans tous les sens du terme) pour un capitalisme maffieux, nous fait peut-être oublier qu'il est avant tout le fidèle représentant d'un capitalisme amoral (pléonasme ?) et apatride, qui broie ça et là sans relâche la vie et la dignité de centaines et de milliers d'humains. La dévastation sociale et économique s'abat sur nos régions et sur nos quartiers les uns après les autres ... mais le désespoir n'est pas coté en bourse !

    Reconnaissons à certains ... un certain talent : celui de persuader une partie de la population de voter contre elle-même, contre ses intérêts. Reconnaissons à d'autres le "talent" de faciliter au pouvoir en place l'application d'un principe élémentaire: diviser pour régner !

    Ce constat n'est pas désespérant, mais constitue en fait un défi modeste face à d'autres urgences.

    Yves Claudé - Solidaire des 253 employés du Journal de Montréal