La troupe Les 7 doigts de la main veut s'emparer du Musée Juste pour rire

Juste pour rire, dont la fermeture a été annoncée pour la fin de cette année. La troupe, dont les activités administratives et artistiques sont pour le moment réparties dans cinq sites différents sur l'ensemble du territoire de Montréal, a d'ailleurs entrepris des démarches auprès de la Ville et du ministère de la Culture, a appris Le Devoir, dans l'espoir de prendre possession de ce bâtiment historique du boulevard Saint-Laurent.

Selon nos informations, des membres de la compagnie ont, à plusieurs reprises dans les dernières semaines, visité l'ancienne brasserie Eckers, que le Groupe Juste pour rire va laisser vacante le 31 décembre, en compagnie de représentants du ministère de la Culture. Les 7 doigts de la main ont d'ailleurs obtenu un financement de plusieurs milliers de dollars afin de compléter le Programme fonctionnel et technique (PFT), un point de passage obligé pour une compagnie artistique qui rêve d'intégrer un lieu avec l'aide de fonds publics.

Partenaire crédible

Joint par Le Devoir hier, le directeur général de la troupe, Nassib El-Husseini a confirmé les visées des 7 doigts sur le Musée Juste pour rire, tout en soulignant que les démarches étaient encore loin d'être complétées. «Nous avons visité plusieurs autres lieux, a-t-il indiqué, et nous devons aussi attendre un rapport technique d'ici la fin de l'année qui va préciser si notre déménagement au Musée est viable ou pas.»

La compagnie ne cache pas son intérêt à élire domicile à cet endroit de la ville, au coeur du Quartier des spectacles. «C'est hyperintéressant pour nous qui, pour le moment et après tout ce qu'on a fait, sommes à la rue, dit M. El-Husseini. Le Musée est bien situé, mais il reste encore des étapes à franchir.»

Selon lui, la demande des 7 doigts de la main pour occuper cet espace a toutefois été «très bien reçue» par la Ville et le ministère, qui voient dans la compagnie un «partenaire crédible». La compagnie a actuellement cinq spectacles en tournée sur quatre continents. La troupe a également des tournées assurées pour les 10 prochaines années, «ce qui devrait nous permettre de payer le loyer», a résumé en souriant le directeur général.

Plus tôt en novembre, la Ligue nationale d'improvisation (LNI), elle aussi à la recherche d'une adresse permanente à Montréal, a indiqué avoir un profond intérêt à investir la bâtisse de 50 000 pieds carrés, que l'institution muséale versée dans l'humour doit libérer au terme de 17 ans d'une existence houleuse. Le Groupe Juste pour rire a annoncé au début du mois qu'il allait mettre la clé dans la porte faute d'avoir

trouvé, après une énième tentative, un plan de relance convenable pour assurer la survie du Musée, principalement utilisé dans les dernières années pour ses deux salles de spectacle, le Cabaret et le Studio.

Depuis près d'un an, l'institution était en pourparlers avec Second City de Chicago, un célèbre incubateur culturel qui a fait naître les John Belushi, Tina Fey et autres Bill Murray, pour l'ouverture d'une succursale à Montréal. Ce plan prévoyait d'ailleurs faire une place à la LNI sur un des étages du Musée. La conjoncture économique, principalement aux États-Unis, où Second City a ses bases, n'a pas permis de le concrétiser.