100 ans de culture au Québec - Le «droit d'exister», du Refus global à l'Expo 67

Quels moments de l'histoire ont le plus marqué la culture québécoise depuis 1910? La création du ministère des Affaires culturelles, la publication du Refus global et l'Exposition universelle de 1967, ont entre autres répondu les panélistes de la table ronde d'hier soir: 100 ans de culture au Québec.

Cette question thème de l'événement organisé dans le cadre du centenaire du Devoir a donné du fil à retordre aux quatre invités réunis au Musée des beaux-arts de Montréal: ils devaient arrêter leur choix sur deux moments ou artistes précis.

L'animatrice de radio Monique Giroux a rendu hommage à Félix Leclerc et Clémence DesRochers. «Chacun à leur manière, ils ont contribué à notre identité», a-t-elle expliqué. Alors que la tendance était à une langue soutenue à la française, «Félix est arrivé avec ses mots de la terre, ses mots à lui. On a eu le droit d'exister. Clémence, elle, a fait parler les femmes d'ici.»

Incapable de faire son choix entre Marie Chouinard, L'Avalée des avalés et L'Osstidcho, le président-directeur général du Conseil des arts du Québec, Yvan Gauthier, a choisi la création du ministère des Affaires culturelles, en 1961, comme moment fort de l'histoire. «Dans toute la montée de l'identité québécoise, la création du ministère a été un outil absolument nécessaire et aussi dans l'évolution vers la laïcité. Car avant, c'était le secrétaire de la province qui décidait qui obtenait des subventions.»

Même idée chez l'ex-ministre libérale de la Culture Liza Frulla, qui a également souligné la création du ministère de l'Éducation, en complément du ministère des Affaires culturelles. Ce dernier «nous a permis d'exister et [avec le ministère de l'Éducation], on démocratisait la culture en l'enlevant des mains des religieux et on préparait ainsi le public à recevoir ce droit d'exister».

Le fondateur de Culture Montréal, Simon Brault, a quant à lui fait un clin d'oeil à l'Exposition universelle de Montréal, en 1967, qui a projeté le Québec sur la scène internationale. M. Brault a aussi rappelé l'impact de la publication du Refus global, en 1948. «C'est un fait reconnu que les artistes ont joué un rôle d'accoucheurs de notre société. C'est extrêmement important dans un monde où les artistes sont marginalisés. Ici, ils ont été au coeur de l'histoire.»